La série Columbo inspire un chercheur du CNRS

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Columbo, la lutte des classes ce soir à la télé vient de paraître ; le secret d’une telle déclinaison serait le thème universel de la série. Une étude universitaire pertinente, mais qui ne doit pas faire oublier la mécanique originale de la série, fondée sur une double ironie dramatique.

En effet, si le comédien principal Peter Falk a toujours revendiqué une certaine qualité cinématographique et un rythme de production unitaire, freinant des quatre fers l’industrialisation des épisodes de la série (seulement soixante-neuf épisodes de 90 min produits, de 1968 à 2003) Columbo n’en est pas moins une mécanique récurrente qui a permis à un lieutenant du LAPD de coffrer soixante-neuf assassins, toujours de la même manière et ce, sans jamais nous lasser :

Death Lends a Hand, 1971 un maître-chanteur tue la femme d’un riche homme d’affaires
Suitable for Framing, 1971 un grand amateur de tableaux tue son oncle afin d’hériter de ses toiles
Lady In Waiting, 1971 une femme tue son frère qui l’empêchait d’épouser un homme d’affaires
Blue Print For Murder, 1972 un architecte tue l’homme d’affaires qui avait décidé d’arrêter de le subventionner
Etude in Black, 1972 un chef d’orchestre tue sa maîtresse afin d’éviter un scandale, etc.

Comment les créateurs du show (William Link et Richard Levinson en 1968) ont-ils tenu la distance ? En appliquant de façon originale une double ironie dramatique sur deux des quatre éléments qui composent toute mécanique de série :

  • La licence. Si toute série policière commence par un meurtre, très peu ont une licence de mystère ouvert (l’identité de l’assassin étant connu du spectateur, la question n’est pas de savoir « qui l’a fait ? » – à la différence d’un mystère fermé ou whodunit, de l’anglais Who done it ?–, mais « quelle erreur le tueur a t-il commise ? »)
    Pour apprendre à écrire un mystère ouvert ou fermé, n’hésitez pas à consulter nos vidéos pédagogiques qui décryptent
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