Comment écrire sa continuité dialoguée: dopez votre 2e acte avec une charnière dramatique

Sujet(s) abordé(s) :

L’objectif de tout scénariste est de donner à sa continuité dialoguée une tension dramatique pendant TOUT le récit. Mais une partie du récit nécessite une attention particulière : celle que nous appelons le deuxième acte, noeud ou développement ou encore « nouement ». C’est l’acte le plus long d’un scénario. Très souvent il s’essouffle par manque d’action ou d’enjeu. Je partage aujourd’hui avec vous ma technique pour le rendre performant et éviter que son action ne s’essouffle.


Nous avons vu la semaine dernière 10 règles pour bien débuter un récit. Cette semaine, je vous propose de nous concentrer sur le deuxième acte de l’histoire, partie la plus compliquée à gérer pour la plupart des scénaristes, et pour cause : elle concentre la plupart des enjeux et rebondissements importants de l’histoire.

N’oubliez pas de compléter mon cours par la formation vidéo High concept dédiée à cette partie qui explique le « 2 » du 1-2-3 (chapitre 2 : les fonctions dramatiques essentielles à connaître pour écrire un récit. Bref, comment écrire un scénario sans peine avec la tâche ?)

Mais d’abord que contient le deuxième acte d’un récit ?

Le noeud de l’histoire, l’action proprement dite, résume souvent les tentatives du protagoniste pour atteindre son objectif malgré les nombreux obstacles qui se mettent en travers de sa route et gagnent sans cesse en intensité jusqu’au climax.
On va ainsi de conflit en conflit jusqu’à la résolution du conflit principal. Vous atteignez le troisième acte quand vous arrivez au moment où le protagoniste va atteindre ou abandonner son objectif. La difficulté se trouve généralement dans cette partie où très souvent l’action s’essouffle. Pour y remédier, nous pouvons utiliser ce qu’on appelle la scène centrale ou la troisième charnière dramatique.

La technique de la scène centrale ou troisième charnière dramatique

C’est une scène qui relance l’action dans une autre direction, généralement un coup de théâtre.

Pour vous faire comprendre en quoi elle consiste, le mieux est toujours d’utiliser un exemple :

  • Premier acte : JODY, soldat britannique enlevé par l’Ira, est surveillé pendant sa détention par FERGUS, un homme d’honneur. Malgré leur opposition et la menace de mort qui pèse sur Jody, une solide amitié va s’installer entre les deux hommes. Jody demande alors à Fergus de s’occuper de sa petite amie (DIL) s’il devait être exécuté. Fergus promet. Jody est tué au cours d’une intervention de l’armée britannique tandis que Fergus parvient a s’échapper.
  • Deuxième acte : Fergus se rend à Londres pour se cacher et rechercher la mystérieuse Dil. La jeune femme qu’il rencontre le fascine et il en tombe éperdument amoureux.
  • Tout est remis en question quand il découvre que Dil est un travesti !

Vous aurez remarqué que cette information qui arrive pratiquement au milieu du film relance totalement l’action sans la changer : elle apporte un nouvel intérêt, une nouvelle dimension, un nouvel enjeu.
Cette technique m’a souvent aidé à écrire plus facilement les milieux de récit de mes continuités dialoguées.
Qu’en pensez-vous ?
La semaine prochaine, nous verrons comment aborder la fin d’un récit. N’hésitez pas dans ce cadre à vous reporter directement au billet Écrire un scénario en commençant par la fin.
Mais dès aujourd’hui, n’hésitez pas à partager sur le blog vos propres techniques ou idées pour réussir cette étape cruciale de notre travail.
Bonne semaine créative et à très bientôt sur le blog des créateurs de fictions !

Un commentaire sur « Comment écrire sa continuité dialoguée: dopez votre 2e acte avec une charnière dramatique »

  1. Anonyme écrit le 16 mars 2015 à 08:26

    J'ai fait ce que vous préconisiez sur mon scénario. Ca lui a donné un coup de fouet extraordinaire. Tout en gardant la même action, elle a un pris une dimension bien plus intéressante a été catapultée vers sa résolution. Merci à High Concept.

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