Comment réussir un bon pitch quand on est un scénariste introverti?

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En France comme aux États-Unis, nous valorisons la personnalité extravertie. En effet, Il faut savoir parler de ses projets, les vendre à un producteur puis à un public. Cela peut parfois s’avérer un véritable parcours du combattant quand on n’est pas habitué à prendre la parole à l’oral, comme pour beaucoup de scénariste, par nature introvertis. Comment gérer cette contradiction ?


Pitcher, négocier, produire sont des activités qui nécessitent du charisme, des qualités de vendeur et des ego monstrueux. À Hollywood et en France dans une moindre mesure, vous devez en imposer, vous imposer : parler fort avec passion de vos projets. Bref, il vous faut être totalement extraverti !
Ce qui semble être en contradiction avec le simple fait d’être auteur. Un auteur se doit d’avoir un univers où il se ressource, c’est un solitaire qui n’aime pas la compagnie de ses semblables… c’est souvent un introverti. Or qui d’entre nous n’a pas entendu dire à l’école ou au bureau que les rêvasseries et la contemplation n’étaient pas tout à fait des modèles à suivre. C’est dommage parce que certains de nos collègues les plus créatifs (des réalisateurs comme Woody Allen, des auteurs comme Michel Houellebecq et d’autres) sont bien des introvertis qui n’aiment pas forcément les caméras et devoir s’exprimer en public.
Peut-on réussir quand on est totalement introverti ?

Apprendre à utiliser le One liner pour réussir son pitch

Certaines méthodes permettent de construire des pitchs efficaces, car quand on n’est pas forcément à l’aise en public et à l’oral, il faut savoir utiliser des outils comme le ONE LINER pour raconter ses histoires.

Vous pouvez d’ailleurs en voir le résultat grâce à l’exemple de pitch de 221-b disponible gratuitement sur ce site.

Susan Bain a de même écrit un livre à ce sujet, disponible sur Amazon et que je vous conseille Quiet : The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking qui n’a pas encore été traduit en français malheureusement. Elle retrace le parcours du combattant des introvertis, forcés d’aller vers les autres alors qu’ils ne sont pas naturellement portés à le faire.

L’introversion n’est pas de la timidité


L’introversion est une façon de répondre à la stimulation sociale. Le plus souvent les introvertis sont soumis à des zones de stimulation qui ne sont pas les leurs, or la créativité et la productivité ne viennent pas forcément de là où on pense.
Les introvertis sont autonomes et préfèrent travailler seuls, ils ne sont pas moins efficaces que les extravertis, cependant, ce sont bien les extravertis qui représentent aujourd’hui la norme de l’intéraction avec les autres. On promeut moins les introvertis que les extravertis même si des études montrent que les introvertis obtiennent plus souvent de meilleurs résultats.

Dernière piste de réflexion, les introvertis font des leaders d’un type spécifique

S’ils prennent l’ascendant, c’est qu’ils n’ont pas le choix… ce n’est souvent pas parce qu’ils aiment être dans la lumière… Ils ont donc une confiance plus grande du public qui croient en leur engagement.

Sans partager forcément leurs convictions, on peut ainsi penser à Eva Joly ou à Francois Beyrou dont les qualités à l’oral sont souvent discutées… leur engagement moins.

Tout le monde a de l’introversion en lui, surtout en ce qui concerne la créativité qui demande une intériorité. La solitude est importante et pour beaucoup de créatifs, c’est le seul air qu’ils respirent. Alors, pourquoi les introvertis se sentent-ils si coupables de s’isoler du monde ?
Les sociétés occidentales ont historiquement favorisé les hommes d’action, on récompense les gens pour leur tempérament et le 20e siècle a particulièrement valorisé le culte de la personnalité. Magnétisme, charisme, sont devenus des qualités importantes, elles sont un modèle pour les leaders d’aujourd’hui.

Le pitch, passage obligé d’une carrière de scénariste réussie

Or pour en revenir au scénario, quand on a écrit un bon projet, une deuxième étape importante est de pouvoir le vendre et lui donner les meilleures chances d’arriver sur le marché. Une contradiction de plus pour un introverti !

La formation high concept vous livre des outils et une méthodologie pour arriver à vivre de la fiction : Comment devenir scénariste en France ?.

Susan Bain vous donne d’autres conseils. À vous de trouver votre bonheur dans toutes ces réflexions tout en restant vous-mêmes.

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