Peinture et cinéma : voir le court métrage de Cédric Salmon

Sujet(s) abordé(s) :

Peinture et cinéma se conjuguent dans ce film de fin d’études

Un faussaire de tableaux enquête sur ce qui a mystérieusement inspiré un peintre romantique du XIXe siècle. Avec : Eric De Sarria, Gabriel Le Doze, Michel Debrane, Georges Salmon et Roger Mangiavacca. Vous pouvez voir la liste exhaustive de mes diffusions sur la page IMDB de Cédric Salmon.

  • Prix de la mise en scène (Union des Auteurs Réalisateurs et Techniciens du cinéma, 2001)
  • Prix du public (festival international de Cergy-Pontoise, 2002)
  • Prix du meilleur scénario (festival international de Palavas ; jury de Claude Zidi, 2004)

Détails : Il s’agit de mon film de fin d’études. J’ai tourné avec la ARRI 16SR (c’est à dire en 16mm) puis le film a été gonflé en 35mm pour être projeté en salles.
J’ai beaucoup travaillé la prise de son et le mixage avec Stéphane Isidore et Grégory Lemarié (ingénieurs son), ainsi que la musique originale avec les frères Alexis et Thibault Roy (compositeurs).

Les oreilles attentives constateront aussi que j’ai choisi de travailler avec un comédien de doublage, qui est par définition peu connu mais dont la voix est paradoxalement très familière au public (voir le CV hallucinant de Gabriel Le Doze). Ma motivation était au départ de faire résonner la thématique du film (un artiste qui est dans l’ombre d’un autre), puis j’ai découvert que le milieu du doublage français était surtout un vivier de talents d’une rare technicité ! Ce travail très précis sur la voix s’est bien marié avec le jeu du comédien principal Eric De Sarria, plus axé sur un langage théâtral visuel.

L’atelier du peintre a été reconstitué en studio par la décoratrice Angélique Verbeck. Nous avons également tourné dans la partie ancienne de la bibliothèque municipale de Versailles, qui date du XVIIIe siècle.
Le tout a été mis en lumière par mon chef opérateur Guillaume Vatan (voir sa filmographie sur IMDB et sa bande démo sur Vimeo), avec qui j’ai déterminé une palette de couleurs assez précise, en référence à la peinture romantique dont il est question dans le film.
J’espère que ce petit conte sur la peinture vous plaira. (N’hésitez pas à utiliser le mode plein écran !) Si vous aimez la peinture et le cinéma, donnez-moi votre avis !

19 comm. sur « Peinture et cinéma : voir le court métrage de Cédric Salmon »

  1. David F. écrit le 11 février 2011 à 09:26

    Une jolie petite histoire, qui finit bien mal pour ce brave M. Botibol !
    J'aime particulièrement l'idée de retrouver la mentalité de quelqu'un à travers ses parties d'échecs.

  2. Cédric Salmon écrit le 11 février 2011 à 17:44

    Merci de votre commentaire David !

  3. Amaury écrit le 16 mars 2011 à 23:50

    J'aime beaucoup le travail qui a été fait sur la luminosité et les couleurs, tantôt bleues, tantôt jaunes. Le concept échecs/mental est aussi original. Bravo

  4. Cédric Salmon écrit le 17 mars 2011 à 09:47

    @Amaury : Merci de votre intérêt pour mon film.

    L'attention particulière qui a été portée au langage de la couleur est à mettre au crédit du jeune chef opérateur de l'époque, mon collègue et ami Guillaume Vatan.

    Je suis heureux que vous aimiez mon détournement des échecs dans le film (c'est à dire la " tâche " de mon personnage, pour reprendre le contenu des cours — voir Formation scénario : comment écrire un scénario avec l’objectif [cours scénario n°4]).

  5. Camille écrit le 31 mars 2011 à 08:27

    Le seul petit hic, c'est que justement un joueur d'échec n'est pas "attrapé" par le mystère de la première partie que Botibol découvre – on reconnait tout de suite le caractéristique feuillet, et la notation des coups. Et comme les joueurs ont été implantés dans leur courette un peu plus tôt, on voit la résolution venir. Bon, ok, c'est une critique plutôt anecdotique…

    Mais toutefois, pour un spectateur "normal" (c'est-à-dire pas un de ces monomaniaques de joueurs d'échecs comme moi), je trouve peut-être un peu faible la manière dont Botibol découvre la solution – du coin de l'œil, en passant fort tard le soir, et tiens, justement ça tombe bien, les voisins jouent aux échecs (et notent leur partie…).

    Cette découverte de solution manque de relief, je trouve.

    Par ailleurs, une autre solution (quand Botibol se retrouve face à la page arrachée et peste intérieurement) est, elle, très réussie : on a vu en amont que Miriais appuyait fortement sur sa mine – et quand Botibol a l'idée – pourtant combien de fois déjà vue ! – de gratter la feuille suivante pour fair apparaître le texte, c'est très réussi ! C'est vraiment renouveler fraîchement un vieux motif – tout ça parce qu'il a été implanté dramatiquement.

    Enfin, l'allergie à la Thérébentine n'est pas, selon moi, très importante – ou alors pas utilisée jusqu'au bout. On saisit qu'elle sert à montrer l'enthousiasme de Botibol, mais on s'attend vraiment à le voir mourir, une fois son chef d'œuvre achevé. Ce qui aurait permis une ironie post-mortem encore pire : le tableau de Botibol quand même signé de Miriais,alors que Botibol serait mort un sourire au visage. Le coup du "ce n'est rien… c'est la thérébentine", dégonfle de manière décevante tout ce qui précède.

    Dans l'ensemble, le personnage de Botibol est très attachant. L'ironie est très mordante. C'est grinçant comme j'aime.

    Bon, tout ça pour dire quoi, au juste ? Merci du bon moment que j'ai passé avec ce personnage éminemment sympathique – et bravo aux acteurs, notamment le général un peu Bela Lugosi… Et cette histoire, tout de même, prenante et fantastique au sens fort du terme !

    PS : à quelle adresse je peux trouver l'inspiration ? Ça m'aiderait un peu en ce moment…

  6. Cédric Salmon écrit le 28 avril 2011 à 09:20

    @Camille : Merci de vos commentaires ! A bientôt sur le blog 🙂

  7. CANDidE_ écrit le 22 janvier 2012 à 22:22

    Le commentaire de Camille est très juste, surtout à propos de la fin ! Mais comme je suis un pauvre petit spectateur lambda je n'oserais rien dire d'autre à part ceci : il s'agit là d'une petite merveille succulente à déguster !

    Bravo et bonne continuation

  8. Ecrit écrit le 29 juin 2012 à 08:16

    @CANDidE_ : Merci 🙂

  9. Roxana écrit le 1 juillet 2012 à 08:12

    Première question à chaud si je puis me permettre:
    Le premier Miriais en était il un vraiment?
    Sinon, j'ai trouvé ça extra surtout par rapport au tempo de l'histoire et le traitement du parallèle entre peindre et faire un film: je fais de la peinture également.
    J'aurais tout de même mis plus de contraste dans la lumière peut être au moment de la présentation de la toile personnelle de Botibol comme pour faire sentir le moment de grâce mais bon ce n'est qu'une impression à chaud après un seul visionnage.
    Par rapport aux scènes de la rue et les échecs, plus de contraste aussi de la lumièreou de définition de les formes.
    A vrai, c'est aussi réussi dans le sens où un petit problème technique: avoir à apuyer 20 fois sur play sur la vidéo a accru le suspens et également notifier l'envie de connaître la suite à tout prix.
    La scène de la fenêtre le soir est magnifique!
    Une scène d'inquiétude bien réussie: Botibol est il vraiment vivant au musée à la fin? Cad jusqu'où peut on aller pour atteindre la perfection? Ou ce qu on s'est proposé?
    Question: c'est une technique que de donner des indices, laisser un moment de battement cher o spectateur et donner la réponse après cf térébentine, 21;il me semble?
    En tous cas merci, ça m a donné une petite idée pour mon idée indirectement

  10. Roxana écrit le 1 juillet 2012 à 08:18

    J'ai également bcp aprécié la circonférence du smile sur le sweat shirt de notre ami échéquiste !

  11. Fabrice O. écrit le 4 juillet 2012 à 21:39

    Hello !

    Je vous présente mon dernier court métrage Personne ne viendra vous aider. J'ai fait ce film sur un coup de tête. J'étais en manque de tournage et le film que je voulais faire au départ allait mettre du temps à se faire. C'est pourquoi je me suis décidé à tourner dans l'urgence. Ce devait être un mardi jJe me suis dit "Vendredi on fait le film." Le tournage a débuté le vendredi de la semaine suivante !

    C'est un film qui ne devait se résumer qu'à une seule scène. Celle de la fin. Et puis chemin faisant, je me suis dit qu'il serait bon d'aller plus loin et de jouer avec l'internaute …

    Cette fois-ci j'avais un chef op, Yvan Couvidat, qui m'a permis d'avoir la lumière que je souhaitais. Et j'ai pu aussi avoir un monteur son Thomas Rambaud, qui a pu me faire l'ambiance sonore qui allait avec les images. J'aime l'idée que le son puisse mettre en condition le spectateur.

    Bon film !

    Fabrice O.

    https://vimeo.com/11083177

  12. Nils Calasanzio écrit le 30 août 2012 à 13:27

    Bonjour,

    je trouve le court très bien réalisé , cependant j'ai une question sur le role de la prémisse (Comme la considère Lajos Egri) dans les court-métrages en général. Par exemple, ici le thème est "Un artiste dans l'ombre d'un autre" , mais comme prémisse morale qu'est-ce que ça pourrait étre?

    Et en tout cas, si je peux étre indiscret, est-ce que pendant l'élaboration du scénario vous aviez une idée de morale à représenter?

    Comme je l'ai déjà dit j'ai été très touché par le livre de Lajos Egri qui mise pratiquement tout sur ce concept de "Prémisse morale" du récit et donc je ne peux m'empècher de chercher ce détail dans les film que je regarde.

    Dans un court-métrage j'imagine qu'on a souvent pas le temps d'implanter un véritable "Message morale" de manière précise et tranchante comme on pourrait faire dans une forme audiovisuelle plus longue.

    Cependant, en regardant plusieurs fois votre court je me suis dit que la prémisse pourrait étre soit :

    "L'ambition grandiloquente porte à l'auto-destruction et à la recherche d'une nouvelle identité" (Ce qui serait le plus simple),

    mais aussi d'une certaine façon « Le fourbe creuse sa propre tombe » (Il a osé s'approprier des pensées d'un mort, et les retracer : en faisant ceci Batibol est devenu une sorte de over-reacher, il a fait un act qui va au délà des capacités humaines.. et a été puni par le destin qui lui a tout repris).

    Mais peut-étre le plus intéressant serait de considérer comme prémisse morale : «Le grand amour (Pour l'art !) défie la mort ». C'est l'amour pour l'art qui fait peindre Batibol malgré l'allérgie à la thérébentine, malgré son age, et son passé d'enseignant de mathématique… Pourquoi il n'est plus prof ? Retraite ? Il me semble bien trop jeune… peut-étre aurait-il tout abandonné pour se mettre à suivre des cours de peinture et se dédier à sa véritable passion? Il aime l'art et vit entièrement pour elle (et avec elle). C'est une histoire d'amour entre un homme et ses toiles. Quand on lui propose de «peindre des fausses toiles » il a l'impression que cela serait une trahison à son grand amour/sa grande passion.

    Le type qui lui demande ouvertement de copier le tableau, questionne la réticence de Batibol, en lui rappelant qu'il est allergique à la thérébentine et que donc il ne devrait pas avoir cette nécessité « morale » de ne pas trahir l'art étant donné que son amour grandiloquent envers elle est une sorte d'amour impossible.

    Et à la fin, Batibol reste fidèle à l'art… en créant son propre tableau ! Il alimente son amour avec cette nouvelle création.

    Cependant … (Climax), c'est finalement son grand amour, l'art, qui le trahi.
    lui qui était obsédé par l'idée de poser sa signature sur une toile… retrouve au musée son propre chef-d'œuvre, mais avec la signature de Miriais et non pas la sienne.

    Il a tout donné à l'art, il l'a aimée, elle l'a trahi, mais l'amour entre eux existe encore.

    Est-ce qu'on pourrait savoir si pour ce court vous aviez un de ces plan de morale de ce genre ?

    Ou bien l'idée de prémisse morale de Egri est datée et à ne pas considérer si précisement comme je cherche à le faire ?

  13. Ecrit écrit le 11 septembre 2012 à 09:41

    Cher Nils,

    J'ai en effet créé cette histoire avec une proposition thématique précise, un outil qui permet d'obtenir ce sentiment de cohérence que vous décrivez.
    Vous n'êtes pas si loin de sa formulation initiale d'ailleurs, mais cette dernière n'a pas beaucoup d'importance une fois le film terminé puisque son objectif est justement de permettre à chacun de s'approprier l'histoire, en fonction de ses obsessions.

    Vous avez raison, la morale est très importante pour écrire une récit. Notre métier est avant tout de donner du sens. C'est pourquoi la prémisse thématique de Egri est l'un des outils que nous aborderons dans un cycle dédié au thème prochainement.

    Cordialement,
    Cédric

  14. Anonyme écrit le 12 mars 2013 à 16:05

    Cédric,
    Je viens de regarder votre court : LA MUSE DE M. BOTIBOL.
    C’est très réconfortant de voir un cinéaste aimer la peinture quand la norme est à la photographie.
    Je me suis aussi essayé aux copies. J’avais copié UNE FENETRE OUVERTE A COLIOURE de H Matisse.
    Cette copie a traîné un moment à la maison. Quelques années plus tard, une de mes filles voyant une reproduction de ce tableau m’a dit : « Papa, pourquoi est-ce que tu signes Henri maintenant ? ».
    Cédric ce film vous a trahi ! Je me demandais pour quelle raison vous faisiez preuve d’autant d’altruisme en tenant votre blog mais je vois votre but. Tous les lecteurs de High Concept cherchent dans votre méthode le secret pour écrire un chef d’œuvre qui, en fin de compte, sera signé Cédric Salmon ! Vous êtes plus fort que J. Miriais.
    La seule façon de me démentir c’est de continuer à nous enseigner …Dommage.
    Amicalement.
    Eric

  15. Ecrit écrit le 12 mars 2013 à 17:28

    @Éric: Lol, je n'avais jamais envisagé la chose sous cet angle. L'idée de partager ma signature avec tout le monde est assez effrayante — j'y tiens !
    Rassurez-vous, aucun altruisme douteux ne guide notre démarche, simplement une volonté de communiquer sur nos compétences et notre métier. Nous avons bien un intérêt personnel à faire ce site — faire de la pub ! Rassuré ? ;o)

  16. Anonyme écrit le 12 mars 2013 à 17:59

    Cédric,
    Je suis tout à fait rassuré. Je n'ai d'ailleurs jamais été inquiet d'autant que le véritable vainqueur c'est bien M Botibol.
    Serait-il l'archétype du scénariste spolié?
    Amicalement.
    Eric

  17. eric gaillard écrit le 13 mars 2013 à 14:55

    Cédric,
    Je vous ai fait part d’une première impression après la vision de votre film : LA MUSE DE M BOTIBOL mais j’y reviens car étant amateur de peinture et, peut-être plus encore, de biographies d’artistes je me pose quelques questions.
    Je trouve que la personnalité de M Botibol ne convient pas pour un génie.
    Il est remarquable que tous les grands artistes aient une forte personnalité : Dali, Cervantès, De Vinci, Van Gogh, De Vlaminick, Marot, Rimbaud, Picasso, etc… Si l’œuvre est le reflet de l’âme comment pourrait-il en être autrement ?
    Votre personnage est falot, manipulé (Pourquoi est-ce qu’il est si docile ?). On dirait une caricature de petit employé de bureau, de rat de bibliothèque (n’ayant pour ami qu’un chat). De grands artistes ont, pendant un temps, occupés des postes ingrats, mais ils n’en avaient certainement pas adopté le comportement dans leur vie privée. (Matisse, Gauguin).
    M Botibol vit dans le noir, à l’étroit à tout point de vue.
    Vous avez adopté le parti pris du clair obscur c’est peut-être là la raison du choix de ce type de personnalité sans couleur pour l’opposer à sa peinture qui serait lumineuse.
    J’ai du mal à adhérer à cette vision parce que les maîtres du clair obscur sont justement des personnalités flamboyantes : Le Caravage (excommunié, criminel, flambeur), Rembrandt qui a produit des autoportraits toute sa vie.
    D’où vient la silhouette de la muse ? Elle a quelque chose d’Ingres (La Grande Baigneuse et La Baigneuse à mi corps) mais aucune n’a le bras droit levé. Ce pourrait être l’une des femmes sur la gauche dans le Bain Turc mais vue de dos.
    Faut-il voir dans la partie d’échecs une allusion à la partie de cartes de Maurice Pagnol. Un des acteurs ressemble à Raimu physiquement et par l’accent provençal et l’autre se fait appeler Amiral alors qu’il y a un Capitaine chez Pagnol ?
    Le code utilisé est-il une allusion à l’écriture inversée de De Vinci ?
    Peut-être est-il vain de vouloir percer ce qui est volontairement obscur ?
    En tout état de cause votre film est passionnant tant pour la qualité de la réalisation, des acteurs, des décors, du scénario et des questions qu’il suscite après visionnage
    Peut-être serez-vous heureux de savoir que M Botbol a une descendance.
    Térébenthine et Bulle ont heureux de vous faire part de la naissance de :
    Benzine Botibol
    http://www.benzinemag.net/2011/02/28/botibol-born-from-a-shore/

    Amicalement.
    Eric

  18. Ecrit écrit le 14 mars 2013 à 14:34

    @Éric: Merci de cette analyse. J'ai voulu renouer avec le fantastique littéraire, où le lecteur peut choisir sa propre explication, je vous laisserai donc la liberté de vous faire votre propre film :o)

    Un mot cependant : pour moi Botibol n'est pas vraiment un génie , je l'ai conçu comme un personnage trop censuré pour prétendre à cet archétype. (Pour construire mon récit, j'ai employé un autre archétype de personnage, le logical smart one — voir le cours vidéo sur les 8 archétypes de personnage, que l'on retrouve aussi en comédie.)

    À bientôt sur le blog des créateurs de fictions !
    Cédric

  19. truffe écrit le 6 avril 2015 à 04:11

    merci pour l'article

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