Écrire c’est réécrire

Sujet(s) abordé(s) :

Concept de série, scène de long métrage, page de roman, mais aussi essai marketing, communiqué de presse ou… article de blog, quelques idées —des vieux classiques à connaître, d’autres plus personnelles.

  1. Allez dans la bonne direction.
    • Avant de faire un trajet, il faut toujours savoir dans quelle direction partir et où arriver. En scénario, c’est la même chose, inutile de vous rappeler le rôle prépondérant de la structure. Savoir ce que l’on veut dire est ainsi la clé pour bien le dire (rappelez-vous les mots de Boileau : ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement). Avec le 1-2-3 (commencez votre formation scénario avec cette technique), vous avez ainsi la possibilité de prendre du recul sur votre histoire en vous concentrant sur les trois fonctions dramatiques essentielles de base qui résument une histoire.
  2. Économisez-vous.
    • Imaginez que chaque mot ait un poids, le but à la fin de votre projet est d’être le plus léger et pertinent possible. En relisant, demandez-vous toujours si vous ne pouvez pas faire plus court. En effet, rien de plus repoussoir que des gros pavés de textes indigestes ! Si vous pouvez résumer vos arguments, décrire un personnage, une action plus rapidement, faites-le.
  3. Éliminez les coquilles orthographiques.
    • Faites lire et relire vos écrits, à défaut, utilisez un correcteur orthographique. C’est évident, mais c’est important. Vérifiez ainsi toujours vos textes pour qu’ils comprennent le moins de fautes d’orthographe et de grammaire possible. Si vous voulez être lu et avoir un niveau professionnel, vos textes doivent être nickels !
  4. Relisez toujours à haute voix.
    • Parfois, rien ne vaut l’oralité pour tester la musicalité de vos phrases. Isolez-vous et lisez clairement à haute voix. Vos oreilles vous permettront parfois de mieux repérer les fautes que vos yeux parfois fatigués auront laissées passer.
  5. Utilisez des verbes actifs.
    • Rappelez-vous que vos scénarios doivent mettre en action vos personnages. Forcez-vous ainsi au maximum à vous servir de verbes actifs pour leur donner de l’ampleur et leur éviter une position passive. C’est aussi un bon moyen pour déterminer la tâche (le jackpot du scénariste) : plus vos verbes actifs seront précis, plus vous saurez la déterminer.
  6. Choisissez vos mots avec soin.
    • La peur de la page blanche nous conduit parfois à tourner autour du pot ou à délayer. Au contraire, le scénario est une école de la précision. Cherchez toujours ainsi à être incisif et efficace pour permettre à vos lecteurs de visualiser clairement ce que vous dites (cf. Show don’t tell).
  7. Enrichissez la structure de vos phrases.
    • Contrairement au roman, quoique, un scénario n’a pas à être littéraire. Cependant, des répétitions maladroites ou un niveau de langue trop faible peuvent à la longue nuire à la qualité globale de votre oeuvre. Évitez ainsi les « il y a », « c’est », « ce sont » qui peuvent apparaître comme simplistes ou répétitifs.
  8. Donnez des titres.
    • Utiles dans un séquencier ou dans un synopsis (cf. notre méthode pour écrire un synopsis efficace), titrer des séquences permet de mettre en valeur les points essentiels de votre récit. Cela aide les lecteurs à se repérer et à se déplacer dans votre texte rapidement.
  9. Limitez les adverbes (très, trop, et tous ceux qui finissent par ment).
    • Beaucoup d’adjectifs et d’adverbes ne servent à rien. Cela vous permet de remplir sans vraiment ajouter de la saveur à vos descriptions et bien souvent, ils vous servent à embellir des mots trop simples ou trop génériques. Évitez-les au maximum.
  10. Faites des paragraphes ramassés.
    • En général, il faut les limiter à quatre lignes maximum en essayant de varier les tailles de ceux qui s’enchaînent. Dans la plupart des documents, des paragraphes courts seront toujours à votre avantage.
  11. Interpellez votre lecteur.
    • Écrire à la première personne du singulier ou du pluriel permet de générer une empathie immédiate ou de redynamiser un article un peu long. C’est aussi une façon de montrer à vos lecteurs qu’ils sont concernés par ce que vous dites. Trouvez d’autres techniques d’interpellation du lecteur sur notre blog.
  12. Lisez d’autres auteurs.
    • Romans, scénarios, articles, il faut lire ! Outre le plaisir de découvrir un autre univers et de réveiller votre créativité (pour commencer notre cycle dédié, décuplez votre créativité en débranchant votre cerveau droit), cela vous permet aussi de capitaliser sur d’autres expériences. Lire un bon scénario est ainsi une excellente école pour progresser et influencer son propre travail.
  13. Maîtrisez les différents niveaux de langue.
    • Eliminez au maximum les jargons, l’argot, les tournures trop orales, les contractions parlées, etc. (même s’ils sont parfois utiles dans certains dialogues). Par convention, donnez à votre lecteur, le minimum vital. Trouvez des tics verbaux, des tournures spécifiques qui vous serviront à établir votre ton sans tomber dans l’outrance. Laissez aussi au comédien le soin d’interpréter sans alourdir vos dialogues par des indications de jeu superflues.
  14. Faites de vos personnages de vraies personnes.
    • C’est parce que vous aurez incarné vos personnages avec un archétype (pour en voir un exemple, découvrez les huit archétypes comiques) et des valeurs, qu’un lecteur saura à qui il a affaire instinctivement. Ne vous perdez pas dans des descriptions physiques sans fin car la meilleure façon de caractériser un personnage est de le mettre en action. Nous saurons qui il est grâce à ce qu’il fait et comment il réagit face à l’adversité.
  15. Déterminez votre auditoire avec précision.
    • Quand vous parlez, adressez-vous directement à votre cible. Plus elle sera précise (les amateurs de, les lecteurs de, les téléspectateurs de, etc.), plus vous aurez de facilité à identifier ses besoins. Demandez-vous toujours ainsi comment garder vos lecteurs intéressés/captivés. Que cherchent-ils dans vos écrits, quelles informations leur donner et quand, etc.? C’est à vous de structurer en conséquences pour limiter la perte d’attention.
  16. Un sujet, un verbe, un complément.
    • N’ayez pas peur de phrases simples. Certaines tournures alambiquées ou l’utilisation de pronoms relatifs à foison peuvent se retourner contre vous et alourdir votre narration. Aller droit au but est souvent la meilleure façon de communiquer vos idées.
  17. Demandez d’autres avis.
    • Obtenir une seconde opinion sur son travail peut souvent s’avérer extrêmement positif. Non seulement, cela vous permet de prendre du recul sur votre travail (en vous obligeant à faire une pause) mais surtout, cela vous permet de révéler des choses que vous n’aviez pas vues. Utilisez votre entourage personnel (des personnes que vous savez bienveillantes) et professionnel (pour maximiser vos chances d’être lu, découvrez comment envoyer vos scénarios dans les meilleures conditions), ces retours vous aideront à corriger et à donner une nouvelle perspective à vos écrits.
  18. Faites des pauses.
    • Prenez du recul avec votre oeuvre. Une règle de base est de laisser reposer et de se donner toujours un peu de temps avant de réécrire (cf. d’autres conseils sur les meilleures façons de réécrire, et d’améliorer son scénario), d’envoyer un projet ou publier un article. Cela permet aussi de ne pas réécrire dans la foulée sans recul. Après cette pause (au moins d’une journée, le mieux étant de laisser reposer une semaine), vous pourriez être surpris des nouvelles idées qui vous viendront.
  19. Gardez le cap.
    • Qui cherchez-vous à convaincre et avec quel ton ? Quels sont vos arguments les plus forts ? Que voulez-vous démontrer ? Il est ainsi important dans un scénario comme dans un article de resituer vos objectifs à chaque fin d’acte ou de partie importante. Votre lecteur ne doit jamais être perdu et doit toujours savoir à chaque moment où il est, qui fait quoi, et pourquoi.
  20. Soyez curieux.
    • Abonnez-vous à des blogs de scénaristes, lisez les journaux, regardez la télé, allez à la bibliothèque, au musée, au parc, etc. Cela vous aidera à trouver de nouvelles inspirations. Si vous êtes bloqués, découvrez comment démarrer un projet avec notre cycle sur les séquences d’ouverture.

En espérant que ces petites astuces vous permettront de bien commencer l’année, nous vous souhaitons encore une bonne et heureuse année 2013. Que tous vos projets trouvent leur voie et fassent des petits !

3 comm. sur « Écrire c’est réécrire »

  1. Natacha écrit le 22 janvier 2013 à 09:24

    "Éliminez au maximum les jargons, l'argot, les tournures trop orales, les contractions parlées, etc. (même s'ils sont parfois utiles dans certains dialogues). Par convention, donnez à votre lecteur, le minimum vital. "

    Pourquoi marquez vous cela ? Les dialogues ne doivent-ils pas refléter la personnalité du personnage ? sa classe sociale…

    Qu'entendez vous par "tics verbaux" et "tournures spécifiques qui vous serviront à établir votre ton sans tomber dans l'outrance" ?

    Merci

    Natacha

  2. Ecrit écrit le 23 janvier 2013 à 10:11

    Chère Natacha,
    Dans ce conseil, je reprends un avis partagé par le grand Stephen King qui rappelle l'importance de ne pas saturer un roman ou un scénario avec la façon de parler des personnages, surtout quand elle est vulgaire ou jargonneuse (même s'il ne l'a pas toujours appliqué cf. Dolorès Claiborne). Imaginez 200 pages de jargon, ou un scénario entier construit avec des dialogues en argot. Au bout d'un moment c'est juste illisible. L'auteur doit pourtant faire voyager son lecteur et lui permettre d'avoir une idée de la façon de parler de ses personnages, de leurs univers. Comment gérer ce paradoxe ? Une façon de traiter le problème est d'utiliser la MÉTONYMIE, c'est-à-dire de prendre la partie pour le tout. Un tic verbal, une tournure spécifique de phrase devient alors un code symbolique pour représenter l'univers et la caractérisation de votre personnage. Vous vous évitez ainsi d'écrire tous vos dialogues en argot par exemple, tout en rappelant à votre lecteur de façon récurrente qui est votre personnage. Cette technique est subtile à maîtriser : trop peu et vous loupez vos effets, beaucoup trop et vous saturez votre lecteur, d'où la nécessité de travailler sur des clichés (archétypes) et d'utiliser l'ensemble des outils de la grammaire cinématographique pour rendre vos scénarios les plus visuels possibles. Le roman vous laisse tout de même beaucoup plus de libertés et de souplesse à ce sujet. À vous de choisir la bonne dose dans ce cas mais n'est pas Stephen King, qui veut. À manier donc avec précaution.

  3. Natacha écrit le 23 janvier 2013 à 12:31

    Non, personne ne peut égaler Stephen King sur ce terrain là^^. Il le dit lui même qu'il est beaucoup critiqué pour ça d'ailleurs ! loin de moi l'idée de faire la même chose. Il faut savoir effectivement trouver un équilibre, c'est vrai.
    Je vous remercie beaucoup pour ces précisions ! et c'est justement car le roman et le scénario sont très différents que votre site m'est très très utile merci !

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