Écrire une nouvelle: conseil d’un éditeur

Sujet(s) abordé(s) :


Comment écrire une nouvelle avec une fin surprenante: astuce d’un éditeur


Bonjour à tous ! Écrire une nouvelle ou un roman est également possible avec la méthode High concept. Évidemment je ne peux pas vous garantir qu’en suivant cette formation, vous travaillerez comme créateur de fictions dans l’année. En revanche je m’engage à vous donner accès à des techniques d’écriture qui sont valorisées par les professionnels : cette semaine j’ai ainsi le plaisir d’accueillir un éditeur qui recherche des nouvelles façonnées selon ma méthode 1-2-3, un outil qui permet, entre autre, d’apprendre à écrire une nouvelle avec une fin surprenante.

Pour écrire une nouvelle avec une fin surprenante, nous avons appris que :

  • L’anthologiste est un éditeur de nouvelles spécialisé dans la publication sur supports numériques. Il propose aux auteurs la publication de leurs textes dans une application iPhone, Pause-Nouvelle. La cession des droits d’exploitation numérique des nouvelles fait l’objet d’un contrat à compte d’éditeur qui prévoit une rémunération proportionnelle aux ventes. Cet éditeur prévoit la parution de six à huit recueils pour l’année 2012, rendez-vous sur son site pour découvrir la rubrique Appels à textes. Si vous avez le bonheur d’être édité grâce à High concept, tenez-nous informés, ça nous fera plaisir ! 🙂

  • La fin d’un récit, en particulier une nouvelle, doit être à la fois logique et surprenante (deux qualités qui sont paradoxales et pourtant complémentaires): :

    • logique, c.-à-d. que la conclusion de l’histoire doit résulter d’éléments qui ont été annoncés au lecteur/spectateur dans la première ou la seconde partie du récit, afin de le récompenser d’avoir accordé son attention pendant les deux premiers tiers du récit. Pour réussir ce petit miracle, il existe un outil, le « milking », que vous pourrez apprendre dans le billet : Écrire un scénario avec la technique du milking ;
    • surprenante, parce que si la fin de votre histoire doit être contenue dans ses prémisses, elle ne doit pas être prévisible pour autant (toujours pour une question de valorisation du temps accordé par le lecteur à la narration). Pour y parvenir, il est conseillé d’appliquer la méthode du 1-2-3 de la façon suivante : a) créer son 3 de 1-2-3 avec la méthode du milking, b) recommencer la première étape pour établir un 3bis (voir un 3ter!), c.-à-d. une nouvelle fin qui surprendra le lecteur après lui avoir livré la première, plus attendue (la fin de Usual suspect est par exemple construite sur ce mode 1-2-3-3bis).

Et vous, quelles sont les fins construites sur ce mode qui vous ont le plus marquées ? À bientôt !

8 comm. sur « Écrire une nouvelle: conseil d’un éditeur »

  1. Ecrit écrit le 12 mars 2012 à 12:41

    Chers lecteurs, j'oubliais de vous préciser qu'Aurélien Poilleaux (alias l'anthologiste) est un lecteur de ce blog. Vous pouvez donc lui poser toutes vos questions dans les commentaires de ce billet et il vous répondra ! Bises à tous 🙂

  2. Natacha écrit le 12 mars 2012 à 15:31

    Une nouvelle que j'ai adoré et dont j'ai trouvé la fin surprenante c'est Salle d’autopsie 4 de Stephen King !!!!!!

  3. Aurélien écrit le 12 mars 2012 à 18:06

    Bonsoir à toutes et tous,

    En effet, je me tiens à disposition pour commenter vos remarques et répondre à vos éventuelles questions.

    @ Natacha : J'aime beaucoup cette nouvelle, par ailleurs inspirée d'un épisode de la série TV "Hitchcock présente". Difficile de trouver plus brillante illustration des liens qu’il peut y avoir entre la nouvelle et la série télé. Merci !

    Par ailleurs, Stephen King a également écrit un recueil qui s'intitule Danse macabre (vous connaissez certainement). Je dois dire que ce livre reste pour moi une fameuse référence.

    Cordialement

    Aurélien – l'anthologiste

  4. Anonyme écrit le 13 mars 2012 à 08:41

    je pense à l'excellentissime film de Alex de la Iglesia, "Mes chers voisins" ("la Communidad")…une fin haletante et à rebondissements (3bis, 3ter) bien habile.
    Réussir un film comme 'Mes chers voisins' qui utilise un genre hybride (Comédie/film d'horreur) est un pari audacieux; A fortiori, la fin dans ce genre de film est particulièrement "casse gueule", je trouve. Alex, un "Maestro".

    …et merci à vous pour ce nouveau cours 🙂
    bonne journée,
    Linda

  5. Aurélien écrit le 14 mars 2012 à 07:29

    Bonjour,

    Linda, je n'ai pas vu « Mes chers voisins », mais votre commentaire donne envie ! Merci pour le tuyau.

    Pour illustrer ce qu'on pourrait appeler la « technique du 3 bis », voici un exemple cinématographique qui, j'en conviens, n'est pas très original, mais je sais que ce film sert de référence à de nombreux scénaristes :

    USUAL SUSPECT

    (J'espère que vous ne m'en voudrez pas de spoiler un film qui date de 1995 sur un blog consacré aux techniques d'écriture de scénario).

    Ce film propose une double fin. La première (selon ma nomenclature) est une « découverte » (le personnage principal découvre une vérité concernant un autre personnage). Très classique dans une intrigue policière où l'enquêteur découvre généralement l'identité de l'assassin. En l’occurrence, dans Usual Suspect, après deux heures d'interrogatoire, Verbal Kimt et l'inspecteur Kujan finissent par comprendre que Keaton est Kayzer Söze. C'était donc lui l'instigateur de ce carnage. Il y a ensuite un « dévoilement » (cela signifie que le spectateur découvre une vérité concernant le protagoniste, vérité qui donne un nouveau sens à l'histoire) : le spectateur découvre en effet que c'est finalement Verbal qui est Kayzer Söze.

    Bien évidemment, cette fin est un must, tout d'abord parce que l'idée était brillante. Il est rare en effet de parvenir à retourner toute une histoire avec autant d'efficacité. Mais cette fin est aussi sublimée par une grande maîtrise technique. Christopher McQuarrie a été très bon parce qu'il a posé une première fin avant de lancer sa bombe : Le fait de nous faire croire que "Keaton est Söze, que celui-ci s'est servi de Verbal le minable en lui faisant croire qu'il était son ami…" permet de contenter le spectateur. A ce stade, on se dit que c'était un bon film, on croit tenir la clé de l'intrigue, et on ne s'attend plus à rien d'autre que le générique de fin. D'après moi, c'est le fait d'avoir réussi à mettre le spectateur dans cette situation de « non-attente » qui permet ensuite de le retourner comme une crêpe.

    De plus, la première fin va à l'opposé de la seconde : avec la première fin, on se dit que Verbal était vraiment un pauvre type, un minable, un idiot. Alors qu'en fait, pas du tout. C'est tout bonnement génial !

    Cette technique du 3bis permet d'endormir la vigilance du spectateur pour ensuite rendre le dénouement plus inattendu. C'est à considérer comme une clé qui permet de remonter un peu plus le ressort de l'intrigue.

    Cordialement

    Aurélien – L'anthologiste

  6. Anonyme écrit le 14 mars 2012 à 22:42

    Oh oui, si vous en avez l'occasion, ce film est à voir (en v.o, svp 🙂 ; très bonne prestation de Carmen Maura) mais 'warning' : rien de comparable avec la fin de 'Usual suspects' qui décroche le cœur (ou plutôt la tête…) du spectateur par la finesse de son intrigue, comme vous le soulignez, géniale. 'Usual suspect' est en effet, un cas d'école.
    Merci beaucoup pour vos éclaircissements et votre lecture qui me permettent de poursuivre mon modeste chemin scénaristique 🙂
    y gracias a Cédric y Julie tambien ! Olééé
    Linda

  7. Aurélien écrit le 20 avril 2012 à 05:55

    Bonjour,
    ce petit commentaire pour vous signaler la sortie de l'application Pause-nouvelle dont il est question dans cet interview:

    http://itunes.apple.com/fr/app/pause-nouvelle/id511875054?mt=8&ign-mpt=uo%3D2

    Cordialement

    Aurélien – L'anthologiste

  8. alexc écrit le 1 mai 2012 à 10:57

    La nouvelle de Stephen King évoquée plus beau est en effet excellente!

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