Trois exercices d’écriture pour réécrire vos scènes

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Testez trois exercices concrets d’écriture, sélectionnés par la méthode High concept pour réécrire vos scènes.

Exercice d’écriture n°1: s’entraîner à faire des coupes


Contrairement à la vie réelle où nous passons parfois des heures à discuter, la dramaturgie impose d’aller à l’essentiel. Saviez-vous qu’une scène de scénario fait deux minutes en moyenne ? Soit entre deux et quatre pages selon le rythme et le genre que vous avez choisi (pour choisir votre genre, n’hésitez pas à consulter la vidéo pédagogique qui explique comment écrire vos scènes avec les genres cinéma).
Dans vos différentes scènes, vos personnages doivent pourtant avoir le temps de dire tout ce qu’ils ont à dire. C’est pourquoi, il est parfois difficile de faire des coupes. Et pourtant, de votre capacité à vous exprimer en peu de mots dépendra votre savoir-faire d’auteur : resserrer vos intrigues et tendre votre récit doit devenir une seconde nature.

Un des exercices les plus usités pour réussir de telles coupes est d’entrer dans sa scène le plus tard possible et de la quitter le plus tôt possible ; ce que les Américains appellent « come in late, leave early ». En d’autres termes, il vous faut trouver exactement ce qui fait la chair de chaque scène (tout le reste sera superflu).Toutes les scènes de type « Untel commande son plat au serveur » sont à bannir la plupart du temps… Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas d’importance pour l’histoire. Il vous faut démarrer directement avec ce qui nous intéresse : un conflit, un secret, une action dramatique, etc. La technique d’entrée dans une scène in media res (expliquée dans la vidéo pédagogique Écrire in media res : comment manier l’omission volontaire d’informations) peut vous aider à le faire. Si l’on reprend l’exemple précédent, il vous faut démarrer votre scène bien plus tard, au moment où vos personnages parlent de ce qui nous intéresse, si possible avec suffisamment de retard pour nous obliger à tendre l’oreille pour comprendre ce qui se trame. Dans le même esprit, dès que vous avez atteint le point de la scène qui a fait avancer le récit, il vous faut couper net. Cut. Nous n’avons pas besoin de voir vos personnages régler l’addition.

Parfois, vous aurez envie de vous attarder un peu, de voir un personnage prendre son temps. Il vous appartiendra alors de jouer avec ces moments pour créer des contrastes entre vos séquences. Rappelez-vous que l’une des règles de base en scénario est d’éviter l’ennui du spectateur. Or ce spectateur a vu autant de films que vous…Une bonne histoire avec des dialogues ajustés vous y aideront.

Exercice d’écriture n°2: manier la technique de l’insert et du paiement


L’exercice consiste à utiliser la mécanique insert-paiement en préparant le terrain d’une scène dans une scène précédente.

Ainsi, imaginons qu’un boxeur prie son ancien entraîneur de le reprendre, c’est une scène forte en soi (un personnage veut quelque chose de difficile et doit convaincre un adjuvant). Cependant, cette scène pourrait être renforcée par une scène précédente où nous avons vu l’entraîneur dire au boxeur qu’il ne croyait pas en lui.Cette scène fonctionne comme un paiement de la précédente. Vous établissez un point de départ quelque part dans votre scénario, puis une fois que vous trouvez la bonne situation pour l’exploiter, vous faites payer cet insert par un paiement : soit en y apportant un élément nouveau, soit en y donnant une conclusion.Quand il acceptera de l’entraîner, nous serons satisfaits car cet accord aura été obtenu de haute lutte.

Exercice d’écriture n°3: utiliser l’ironie dramatique


C’est l’une des meilleures techniques pour améliorer la puissance d’évocation d’une scène. Confier un secret au spectateur permet de maintenir son attention, jusqu’à ce que la vérité éclate. D’une manière générale, quand un personnage ignore ce que le public sait, ses dialogues prennent de l’ampleur. Et si en plus un second personnage est dans la confidence et doit garder le secret, leurs dialogues deviennent très intéressants. Avec une telle ironie dramatique, vous créez automatiquement du sous-texte et du non-dit.

Si nous savons que Roméo veut rompre avec Juliette, nous envisagerons leur dialogue avec ce sous-entendu. Si Juliette aime secrètement Romuald, le frère de Roméo, et que les trois personnages sont coincés dans un ascenseur et qu’ils parlent de tout sauf de leurs sentiments, cette information sera sous-entendue également.Ce type de configuration permet de renforcer les situations dramatiques dans lesquelles sont mis vos personnages, et par conséquent, cette approche tend à créer des dialogues plus puissants.

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