Le match Dr. House – Caïn ou les problèmes de narration des séries françaises

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J’ai vu les deux premiers épisodes de Caïn : sur le fond, pas vraiment de surprise, on nous vend bien un sous Dr House, comme si un handicapé en TV ne pouvait plus avoir qu’un seul type de personnalité (différents visages du handicap ont émergé pourtant depuis Né un quatre juillet en passant par L’homme de fer jusqu’à Scent of a woman !).


Au-delà des problèmes structurels de la fiction française qui conduisent à une pauvreté de la valeur de production (cf. notre chapitre sur le marché de la fiction française) du style massacre des postes d’ingénieur du son ou de directeur photo, de la musique, du générique etc., je m’interroge aujourd’hui sur une tendance de fond de la fiction française que j’ai observée et qui me laisse perplexe : la faiblesse de la narration à la française, autrement dit de la façon de raconter des histoires (ce que les Américains appellent le story telling).

En France, dès qu’on veut faire de la série de qualité, on semble s’exciter sur des ambitions thématiques plutôt que sur des bonnes histoires

Un bon exemple récent nous est donné avec Ainsi soient-ils dont l’ambition principale semble être de nous parler de religion et de L’Église de façon non consensuelle d’où la tag line finale du pitch d’ARTE : « Entre espoirs et doutes, corps et esprit, paroisses désertées et intrigues vertigineuses du Vatican, une immersion inédite dans les couloirs de l’église ». De même, à chaque communication, France 2 insiste plus sur l’originalité des sujets de société forts qu’elle veut traiter (cf. sa ligne éditoriale) que sur l’histoire réelle des personnages comme si la forme devait obligatoirement l’emporter sur le fond. Le problème est que cette stratégie marketing se retrouve aussi sur la façon d’appréhender le contenu.
Êtes-vous capable de nous raconter l’histoire de l’inspecteur Caïn, des capucins d’Ainsi soient-ils comme on peut le faire facilement pour un Gregory House, un Patrick Jane ?

Écrire un film ou une série, c’est avant tout raconter l’histoire d’un ou plusieurs personnages selon un point de vue personnel

Le Marketing utilise bien sûr tous les autres bons arguments pour nous pousser à la consommation.
Les techniques d’écriture des séries ne sont là que pour encadrer la narration d’un univers d’auteur qui devient visuel lorsque les mots tissent un ensemble d’images et de moments forts d’une trajectoire (cf. notre cours pour connaître : la technique du 1-2-3 et commencer à écrire) mais c’est souvent à ce niveau que le bât blesse pour la plupart de nos séries françaises quand les mots semblent déconnectés de l’image et que l’histoire racontée est pauvre comme dans Caïn.
Apprenez vous aussi à créer une série avec le cours écrire une série tv, les quatre ingrédients d’une bonne bible de série.

La preuve avec une démonstration en 1-2-3 : le match CaïnDr. House

  1. Faiblesse de la caractérisation du héros : House 1 – Caïn 0
    • Dans Dr. House, nous avons l’un des meilleurs médecins diagnosticiens au MONDE qui n’a pas réussi à accepter l’idée de perdre sa jambe et qui doit souffrir en permanence (d’où sa dépendance à la drogue) avec une jambe malade qui lui rappelle constamment cet échec (ou son ghost comme l’appelle les Américains). Ici, tout est lié, nous avons une backstory intéressante milkée (cf. notre chapitre pour connaître la notion de milking) sur sa faille. C’est parce qu’il est un « cocky & selfish asshole », un enfoiré égoïste et prétentieux, qu’il n’accepte pas de perdre sa jambe. Son accident le rend attachant mais on s’identifie surtout à lui car 1) il est le meilleur, 2) il est drôle et anticonformiste (fun).
    • Dans Caïn, la backstory est pauvre en soi : un flic dépressif et alcoolique veut se foutre en l’air et se crashe en voiture. Bien évidemment, pour remédier à ce problème d’attachement au personnage, les scénaristes lui ont crée un problème recurrent : Caïn s’est séparé de sa femme à contre-coeur car il ne supportait plus son regard sur son handicap (faille) mais il l’aime toujours et le lui dit d’ailleurs dès le pilote. Le problème c’est que cette faille est réversible (si sa femme l’aime à nouveau, le personnage n’a plus d’histoire). Caïn est égoïste et prétentieux mais l’était-il avant son handicap ? Pourquoi ne cherche-t-il pas d’ailleurs à reconquérir sa femme ? N’a-t-il rien appris de son accident ? CQFD. Caïn n’a que son handicap pour le rendre attachant, ce qui ne suffit pas.
  2. Absence de déclencheur : House 1 – Caïn 0
    • Dans House, le super médecin est défait par une maladie, dans Mentalist, le super médium surdoué est brisé par un fou qu’il n’a pas démasqué et qui a tué sa famille. Dans Caïn, le flic est défait par quoi exactement, on ne sait pas. En dehors même des qualités de mise en image, si la situation dramatique de base (c.-à-d. le déclencheur de la série, le « 1 » du 1-2-3) n’est pas intéressante, nous ne pouvons pas adhérer au personnage. Malgré son handicap, House est récupéré par son hôpital car il est le seul à obtenir des résultats sur les cas désespérés (cf. ses techniques de diagnostic). C’est le point de départ de la série qui justifie donc l’utilisation du personnage et lance la tâche.
    • Dans Caïn, nous n’avons pas de déclencheur. Pourquoi le flic est-il récupéré ? Jamais on ne nous démontre que Caïn est un flic exceptionnel (Les personnages insistent sur son taux de résolution élevée des affaires mais en soi, rien ne le démontre). 
    • Le handicap n’est pas la caractérisation du Docteur House et son handicap ne participe pas d’ailleurs de sa façon de pratiquer la médecine. 
    • Dans Caïn, ni le personnage, ni ses adjuvants ne nous permettent de comprendre pourquoi il est exceptionnel. Caïn est juste malin comme n’importe quel bon flic mais il n’est pas le meilleur flic de France, ce qui compenserait en quelques sortes son handicap et le rendrait INDISPENSABLE.
  3. Manque d’originalité de la tâche : House 1 – Caïn 0
    L’objet d’une série est de décrire une mécanique dramatique intéressante et originale grâce à la tâche (cf. la formation high concept pour trouver une licence de série originale)

    • Dans Dr. House, la tâche est originale (un twist de la méthode policière de déduction de Sherlock Holmes) et propose une mécanique dramatique en plusieurs détentes :
      • 1) par la caractérisation des qualités de diagnosticien : House n’a pas d’empathie pour ses patients et part du principe que tous ceux qui sont malades mentent.
      • 2) par la mise en valeur des adjuvants : sa petite équipe d’étudiants souligne en permanence dans leur relation mentor-élèves les qualités ci-dessus en l’aidant et en s’opposant à son manque d’empathie (conflits) (cf. notre technique de caractérisation des personnages avec la technique de l’opposition à quatre coins).
      • 3) par l’opposition forte de ses antagonistes : doublés à chaque épisode, le patient et la directrice d’hôpital dénoncent ses pratiques et tentent de lui mettre des bâtons dans les roues.
      • 4) enfin et surtout par le dispositif d’enquête lui-même (pour aller plus loin sur ce sujet, voir notre cours sur comment écrire une histoire policière et maîtrisez la tâche d’une série policière). House enquête de façon subversive voire illégale sur la maladie : il envoie ses élèves fouiller chez ses patients, provoque les défenses immunitaires des malades, etc.
    • Dans Caïn, nous n’avons pas de tâche originale :
      • 1) on ne comprend pas pourquoi le flic est différent des autres bons enquêteurs de la PJ : quelle est son originalité d’enquêteur à part son fauteuil ? La tâche fournie par le genre policier (ici, enquêter en fauteuil) est donc faible, car même s’il se permet des libertés avec le système, il n’a jamais à en assumer les conséquences. Les scènes de conflit sont faibles d’ailleurs avec sa hiérarchie (son patron EST son meilleur ami, comme si Wilson occupait la place de Cuddy) ou sa collègue qui ne reste jamais fâchée très longtemps.
      • 2) ses antagonistes sont faibles : il déteste les suspects et/ou les victimes (manque d’empathie) mais on ne sait pas vraiment pourquoi. Quel est son système de valeurs ? Quelles sont ses convictions originales sur les suspects, les victimes, etc. ? Choquer pour choquer de façon permanente finit juste par lasser.
      • 3) le dispositif du duo policier est classique (cf. comment construire le « 2 » d’une série) : Caïn enquête en fauteuil roulant comme il enquêterait s’il n’en avait pas au fond. L’ensemble des situations dramatiques liées à son enquête (possibilité de conflits) sont donc pauvres et le moteur dramatique de la série cale dès le départ (il y a par ailleurs un manque de crédibilité des enjeux évidents : Caïn risque-t-il sa vie dès qu’il met une roue dehors ? NON. Caïn risque-t-il de se faire virer ? NON. Caïn va-t-il récupérer sa femme ? Nous ne nous y intéressons pas car le personnage n’est pas assez attachant (pour en savoir plus, inspirez-vous de notre conseil gratuit sur comment installer des enjeux humains dans vos histoires).

Que retenir ?

Le match est ainsi sans appel, Dr. House 3 – Caïn 0.
Est-ce que Caïn est pour autant une mauvaise série ? Peut-être pas mais il nous reste comme un goût de déception.
C’est d’ailleurs ce que nous révèlent les audiences : 3,56 millions en moyenne la première semaine (14,3% de pda), en baisse la deuxième semaine avec 3.2 millions de moyenne, pour 13% de pda, encore en baisse la dernière semaine avec 2,8 millions en moyenne, pour 11,7% de pda. Pas catastrophique mais pas exceptionnel non plus, surtout que la série a perdu 700 000 spectateurs entre le début et la fin de la diffusion.
Caïn a semble-t-il trouvé son public et a priori a gagné sa saison 2. Espérons qu’elle nous propose par la suite, autre chose qu’un Dr. House amoindri et à roulettes. Qu’en pensez-vous ?

10 comm. sur « Le match Dr. House – Caïn ou les problèmes de narration des séries françaises »

  1. Anonyme écrit le 14 octobre 2012 à 14:14

    Merci pour cette excellent papier Julie (comme d'hab'), je ne viens pas vraiment sur votre site pour une formation de scénariste mais parce que je m’intéresse au pourquoi du comment de la médiocrité de la fiction française et grâce à vous (et à feue Le Village) j'en fais un constat assez aberrant, les chaines ne veulent pas faire de fiction Française de qualité…
    Je suis particulièrement impatient de voir votre papier sur la "pauvreté de la valeur de production, du style massacre des postes d'ingénieur du son ou de directeur photo, de la musique, du générique etc."

  2. Ecrit écrit le 15 octobre 2012 à 08:06

    @Anon : merci pour ces compliments qui font toujours plaisir. Les chaines de télé françaises veulent faire de la qualité (et tous les acteurs de la chaîne de production d'ailleurs), mais pour l'instant le modèle économique de production de la fiction française n'y est pas vraiment favorable sauf exceptions, comme je le disais dans un petit digest de ma thèse pro. avec l'article : Pourquoi la série US nous ridiculise. J'y reviendrai comme promis plus en détail cet hiver. A bientôt, donc. Merci pour votre fidélité. Julie

  3. Fabrice O. écrit le 15 octobre 2012 à 11:24

    Chère Julie !

    Je suis assez d'accord avec votre analyse. Même si j'aime bien les dialogue et Bruno Debrandt, je dois avouer que cette série est assez inoffensive. Je crois que France 2 devrait arrêter le Rip-Off, après le Chasseur ersatz de Dexter on a un ersatz de House. J'ai du mal à comprendre que des pros fassent autant d'erreurs. A ce niveau ça en devient très embarrassant. Quand on veut pomper Dr House, il ne faut pas perdre de vu a quel point c'est un High Concept grâce au mélange des genres. Après tout les aventure de Greggory House sont des enquêtes policières à l'intérieur d'un hôpital. Pourquoi les auteurs de Caïn ne sont pas allez jusque là ?!
    J'ai du mal à m'expliquer autant de bourdes. Je sais que le scénariste français est la dernière roue du carrosse, qu'il est mal payé et taillable et corvéable à merci. Mais de là à se prendre les pieds dans le tapis aussi élégamment, je reste sans voix (normal j'ai donné ma langue au chat).

    Pour Ainsi soit-il, c'est frustrant là aussi. Trop de personnages, certaines histoires sont survolées, d'autres inutiles. Je me suis demandé qui était le protagoniste. Pas de doute c'est le personnage de Jean-Luc Bideau, mais pourquoi Dieu n'est-il pas plus au centre du récit ?! La série me donne l'impression de ne pas avoir de moteur. J'ai l'impression qu'il n y a pas de but à atteindre.
    En fait j'ai du mal à savoir de quoi va me parler la série. En fait j'ai du mal a en saisir le concept. Je crois que le problème de ces séries se trouve ici. Un manque cruel de concept fort.

  4. Caroline écrit le 15 octobre 2012 à 14:48

    Carrément d'accord ! Ils ont tiré sur la ficelle Dr House, mais en ne prenant que le handicap du docteur. Caïn n'a pas de caractère spécifique, et, de plus, sa carrière dans la criminelle est plus que douteuse. On n'y croit pas une seconde. Il va avec son fauteuil sur les scènes de crime caillouteuses, il démonte son fauteuil à chaque fois qu'il prend sa voiture, il va investiguer tout seul l'appartement du suspect… Hum. Pas crédible du tout. Et surtout au grand surtout ! Mais là, ça concerne la mise en scène, il palabre pendant des heures avec ses collègues… Quand les Français comprendront-ils qu'une série pour accrocher ne doit pas commencer en se perdant dans des dialogues insipides, mais avec de l'action ! (en même temps, ils l'ont peut-être un peu cherché en mettant leur héros dans un fauteuil ? De là à dire qu'ils se tiraient une balle dans le pied à la base…) Enfin bref, comme vous dites, pas convaincant du tout ce Caïn. Dommage, l'acteur est mignon comme tout.

  5. Pierre-Antoine Favre écrit le 17 octobre 2012 à 11:07

    Belle analyse, n'est pas Dr House qui veut !

    Je viens de découvrir l'épisode 3 de la série que je ne connaissais pas. Démonstration que pour donner une profondeur à un personnage, il ne suffit pas de faire dans l'excès de caractérisation des apparences. Le fauteuil roulant bien sûr… et aussi les lunettes de soleil, accessoires indispensables de la cool-attitude, la Saab jaune, la marque de voiture des gens branchés et créatifs (diable, tellement il est relax, mais c’est qu’il pourrait même travailler dans la pub notre ami !? Pas vraiment le style du flic torturé et ténébreux rescapé d'une tentative de suicide).

    Tout a été dit dans votre commentaire : Caïn peut jouer les cabotins désinvoltes au commissariat sans que cela ne semble jamais devoir le menacer (son chef est un patron bienveillant-ange gardien-love coach "tout-en-1", bien pratique), l'enquête parallèle se résout presque d'elle-même (une confrontation avec les coupables qui mène droit au but et zou, affaire classée !), l'enquête principale se mène autant sinon davantage auprès de la proc' sexy que des suspects (où l'on découvre que le fauteuil roulant est aussi un redoutable accessoire de drague, trop génial comme handicap !). Victoire sans peine, triomphe sans gloire, difficile de trouver un talent véritable à notre brave héros.

    Il est certes séparé de sa femme dans ce qui devrait être un épisode tragique de sa vie… relativisé d'emblée par le fait qu'il peut la croiser et lui claquer la bise à volonté. Et pour ceux qui n’auraient pas compris qu’il se trimballe en fauteuil roulant, nous avons le droit à la séquence « mauvais rêve sur la plage » où il appréhende la perte de l’usage de ses jambes (trop pas cool là, mais qu’est-ce qui m’arrive, je peux plus marcher ?). Oui, des fois qu’il y en aurait qui oublient que le fauteuil roulant n’est pas qu’un accessoire de mode (ou de drague). Mais comme vous l’avez indiqué, Caroline, cela n’empêche pas notre héros de faire de la moto cross sur ses roulettes à travers les scènes d’investigation. Où l’on finit vraiment par se demander à quoi sert ce fauteuil roulant, à part se la jouer "Dr House-style" ?

    Dommage car autrement Caïn pourrait être une série de qualité plus qu'honorable, capable de se rendre bien sympathique auprès de son public.

  6. Fabrice O. écrit le 26 octobre 2012 à 10:21

    Un très bon entretien entre Martin Winckler et Rafik Djoumi. Il en dit long sur les mentalité dans le PAF.
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5311

  7. Pierre-Antoine Favre écrit le 28 octobre 2012 à 14:45

    Très bon lien !

    Le péché originel, c'est tout de même l'hyper-concentration du secteur, qui limite la concurrence et encourage l'entretien de positions de rente plutôt que la prise d'initiative.

    Dans un tel contexte où il est difficile de faire preuve d'innovation, les moyens consacrés à l'écriture sont réduits (pourtant les investissements en amont permettent de limiter les risques) ; la maîtrise des risques passe en priorité par le développement de relations de confiance entre les acteurs du marché (diffuseurs, producteurs, réalisateurs, acteurs…). Sans être illogique, cela renforce le copinage et donc la consanguinité. Avec les effets pervers que l'on connaît, qui s'expriment notamment de manière flagrante dans les castings aseptisés des productions (toujours les mêmes, l'acteur principal est blanc et surtout pas homo, etc…).

    Reste à espérer que la TNT finira par bousculer les lignes. Mais pour cela, il faut deux conditions :
    – Que la création de fiction soit corrélée à l'essor de la TNT. Or pour le moment, la TNT représente environ 20% de l'audience pour moins de 1% du budget de la fiction hexagonale. Un début de changement avec l'ouverture de nouvelles chaînes astreintes à un cahier des charges qui oblige à faire de la fiction ?
    – Encore faut-il que les éventuels créneaux formés dans ce sens ne soient pas récupérés par les acteurs historiques du marché… cf. HD1 raflée par TF1 !

  8. Ecrit écrit le 28 octobre 2012 à 16:28

    @Pierre-Antoine : bien vu en effet. Le changement, si changement il y a, sera donc forcément subi. La production de fiction française est à son plus bas historique depuis 2007. Attendons donc le rebond avec impatience en préparant des high concepts !

  9. stephane écrit le 29 octobre 2012 à 13:22

    je vais regarder Caïn pour confirmer, mais j'aime déjà ce sujet qui, s'il prend une comparaison directe House/Caïn, est symptomatique de tout ce que cette opposition US/Fr nous propose.
    En éteignant mon lecteur DVD hier branché sur The Shield, je suis tombé sur Braquo.
    Je n'ai pas assez regardé Braquo pour juger, mais j'avais déjà cet à priori développé dans ton papier Julie.

    Ensuite, on parle de manque de budget et je pense que c'est vrai. Mais j'ai toujours pensé, comme pour les productions Besson, qu'avec le même budget de tournage, si on penchait 1 ou 2 semaines de plus sur la Bible ou le scénar, on pouvait sortir quelque chose de 10 à 30% plus quali.
    CQFD

  10. Ecrit écrit le 30 octobre 2012 à 18:16

    @Stéphane : vous avez une bonne intuition. Savez-vous que nos budgets de prod. ne sont pas si éloignés de ceux des Américains ! Je vous renvoie à un article extrait de ma thèse et que je vais développer dans un prochain cycle de cours dédié au marché de la fiction française. Cette mise à niveau des budgets existe déjà sur les co-productions internationales de Canal+ et des autres chaînes. La différence concerne comme vous le soulignez, la distribution de ce budget. Si aux US, 15% à 20% du budget est en général consacré au scénario, en France, nous tournons entre 2 et 5%…

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