Michèle Bernier se loupe sur TF1 dans Injustice

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Ces derniers temps comme une mode, le nom de Michèle Bernier était partout. Cette dernière avait incarné une mère de famille courage et moderne dans La smala s’en mêle, la nouvelle série de 90′ qui cartonne sur France 2, ainsi qu’une femme juge d’instruction dans Injustice, une nouvelle série policière de TF1. Bilan ? F2 joue encore tandis que TF1 abandonne.

Le pitch : Injustice, mini-série de 2 x 52′, avait fait son apparition le 7 juin 2012 à 20h50 sur la première chaîne. Michèle Bernier y incarnait Marie Valmont, une ancienne femme flic devenue une juge d’instruction un peu particulière, qui aime l’enquête sur le terrain et qui n’hésite pas à se mouiller et à prendre des risques contre sa hiérarchie parfois pour que justice soit faite. Elle devait, dans le premier épisode, prouver l’innocence d’un condamné, en rouvrant une affaire classée. Bien. Quand le juge est une femme, et que le concept est faible, encore une femme (cf. ma brève Le syndrome de la fiction française : des séries low concept centrées sur les femmes), ça ne sent pas bon l’innovation.

Pour ne pas faire comme Injustice et vous exercer à rendre vos pitchs plus « catchy », n’hésitez pas à vous reporter au chapitre dédié de la formation high concept et travaillez le one liner de vos scénarios.
C’est surtout que ce n’est pas le but recherché ici. Nous voyons bien que TF1 joue ici la concurrence frontale avec France 2 (ou bien est-ce l’inverse ?). Dans tous les cas, les audiences n’ont pas vraiment été à la hauteur :

  • Le premier épisode avait réuni 6,2 millions de téléspectateurs, avec 24 % de pda. En moyenne, les 2 épisodes avaient rassemblé 5,6 millions de téléspectateurs, avec 23 % de pda plaçant TF1 en tête des audiences de la soirée.
  • Cependant, TF1 n’a pas communiqué sur le score décevant réalisé auprès des ménagères, qui avaient préféré ce soir-là Patron incognito sur M6, qui était arrivé en tête auprès des moins de 50 ans, avec 22% de pda.

On se disait bien aussi qu’une actrice ne pouvait être à la fois identifiée sur deux chaînes concurrentes en même temps.

Est-ce le concept de TF1 qui est moins fort ?

Coïncidence de calendrier, ou réelle volonté, le pitch de TF1 reprend les ficelles de toutes les séries policières que nous avons déjà vues et rentabilise bien le cachet de celle qui est partie pour durer en TV, nouvelle égérie fétiche des ménagères, identifiée comme telle par le diffuseur. Il faut croire que cela n’a pas suffi.
De son côté, le pitch de France 2 a au moins le mérite de s’atteler à un genre plus fédérateur, aka la comédie sociale où Michèle Bernier excelle. Erreur de casting, donc. Nous en revenons à la même analyse faite lors d’un précédent billet : Pourquoi TF1 a bu la tasse avec sa dernière comédie du lundi, qui nous montre qu’à lows concepts équivalents, les stars servent de vecteurs d’identification.
Pour en savoir plus sur la différence entre un low et un high concept, je vous renvoie au cours Le high concept, ou comment vendre son premier scénario à un producteur.
Or, à part certaines stars multi-tâches, le public identifie ceux qui peuplent nos petits écrans dans des rôles précis. Verdict : Michèle Bernier n’est pas crédible, ou à son meilleur avantage en juge d’instruction, alors qu’elle l’est tout à fait, en mère de famille célibataire névrosée. CQFD. Cela ne veut pas dire que sa palette n’est pas large, ou qu’elle n’est pas bankable sur TF1, juste peut-être que l’écrin de la série policière préparée par la première chaîne n’était pas suffisamment fort pour lui permettre de s’imposer dans un autre registre que celui qui fait sa marque de fabrique. Il est donc tout à fait possible que Michèle Bernier fasse son apparition sur M6 dans un concept familial proche, comme par exemple, une mère de famille au caractère bien trempée, avocate spécialisée dans le divorce ou dans les cas dont personne ne veut, ou bien encore, une instit divorcée mutée en banlieue difficile ou au contraire en province profonde…. Bref, vous l’aurez compris, Michèle Bernier a un bel avenir en TV, mais pas forcément en dehors de ses rôles traditionnels… À moins bien sûr qu’on ne lui offre le rôle titre dans un high concept qui pourrait peut-être l’imposer dans un autre registre que celui de la comédie.
Pour construire des comédies hilarantes, n’hésitez pas à consulter le cours rire et scénario : l’art de la comédie.
Qu’en pensez-vous ? Crédits : produite par Elephant Story et Gazelle et Cie, Injustice est une série créée par Isabel Sebastian, Laurent Burtin, Marc-Antoine Laurent et Stéphane Kaminka.

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