Où est le renouveau des séries françaises?

Sujet(s) abordé(s) :

Y’a-t-il un renouveau des séries télé françaises ? Cette question est apparue à la rentrée 2014 dans une étude documentée du CSA qui y répond par l’affirmative (la stratégie éditoriale des chaînes en matière de fiction : quels ingrédients du renouveau de la fiction française ?). Au sortir du festival de la Rochelle qui a comme tous les ans fait son école des fans, que nous disent vraiment les derniers chiffres ? La fiction française est-elle vraiment meilleure ou sortie de sa crise ? Décryptage.

Le volume de production de fiction française a-t-il enfin décollé ? NON

En 2013, 606h de fiction française inédite ont été proposées en prime time mais :

  • cela ne représente que 2/5 de l’offre inédite et 8% de l’offre totale de fiction sur les écrans français,
  • la fiction étrangère représente toujours près de 60% de l’offre globale de fiction sur l’ensemble du PAF,
  • Le volume annuel produit par la France est globalement stable et oscille entre 7 à 800 heures produites par an depuis 15 ans (il est de 782h en 2013 et était de 807h en 2007, 717h en 2001).
    • En comparaison en 2013, la BBC produit plus de 650 heures de fictions par an sur les quelques 1350 heures produites au total au Royaume Uni. L’Allemagne tient la tête de la production européenne avec plus de 2000 heures annuelles.

La France est-elle passée au format roi de la fiction, le 52′ ? NON

« un unitaire fait prendre moins de risques qu’une série : ça marche, tant mieux, ça marche pas, tant pis »

  • Sur 782 heures produites en 2013, les unitaires représentent encore 11%, soit 89 heures, et les séries de 90 minutes, près de 77h, soit en tout quelques 21% de l’offre totale.
  • D’après le CNC (l’exportation des programmes audiovisuels français en 2013 ; La production audiovisuelle aidée en 2013), « en nombre de soirées, les fictions de 90 minutes demeurent majoritaires au sein de l’offre de fiction française (54,4 % de l’offre en 2013) alors que les fictions de 52 minutes constituent la majorité de l’offre étrangère (87,1 % de l’offre). »

La création originale et l’innovation ont-elles progressé ? NON

« la France a raté le marché mondial des séries télé »

  • 48 nouvelles séries de 52 minutes ont été diffusées en 2013 dont 13 nouvelles séries françaises (11 séries de 52′ et 2 séries de 90′ —elles étaient 19 en 2012). Sur ces 13 nouvelles séries :
    • 2 sont des coproductions internationales dont l’une est écrite par un Américain, sur les 10 nouvelles séries de 52′ écrites par des Français, 9 sont produites par FTV et correspondent à environ 75 h de fiction soit moins de 10% du total des heures produites de 2013.
  • Les nouvelles commandes sont faibles ainsi que les conventions d’écriture ;
    • En 2012, M6 a initié 17 commandes de production dont 3 coproductions ; France 2, 54 ; TF1, seulement 28.
    • Le nombre de conventions d’écritures se comptent également rapidement : Canal+ en a initié 24 en 2012 contre 7 pour France 2 et 1 pour France 3, 2 pour W9.
  • La fiction française inédite est majoritairement constituée de suites.

Que font Canal+ et OCS ? Ils communiquent…

A grand renfort de pubs et communiqués dans la presse, les chaînes privées à abonnement du PAF se prennent pour les HBO et Showtime français. L’ambition est peut-être là mais pas (encore) les moyens associés :

« personne, dans l’audiovisuel français, n’a intérêt à ce que le chiffre d’affaires de Canal+ ne s’effondre »

  • Canal+ a investi 43 M€ pour produire 45h de fiction en 2013, représentant à peine 6% de la production annuelle globale de fiction française mais les 3/4 de ses exportations.

  • De son côté, OCS a investi essentiellement dans des fictions de 26′ (représentant quelques 17 heures de fiction en 2013) pour un budget total de 1,4 M€ !

Les séries françaises sont-elles enfin devenues rentables ? NON

L’érosion des performances de la fiction US a favorisé l’émergence de la fiction européenne et française, c’est vrai mais le rapport coûts/recettes de la fiction française est toujours négatif. Les recettes publicitaires ne couvrent pas l’investissement des chaînes :

  • En 2014, TF1 met 2 M€ pour produire un unitaire, qui ne lui rapporte que 1 M€ en recettes publicitaires nettes à la première diffusion. De même, un épisode de série lui coûte environ 950 k€, et n’en retire environ que 700 k€ à la première diffusion, 150 k€ à la deuxième, et 100 k€ à la troisième, soit à peine de quoi compenser son investissement.
  • Cette situation s’est installée depuis un moment. Déjà en 2009, TF1 indiquait dans un rapport du Sénat que sur un investissement de près de 171 M€ en fiction française, la chaîne ne couvrait avec ses recettes publicitaires QUE 89 M€, soit une perte nette annuelle de 82 M€.

  • Le décrochage des audiences de fiction française suite à l’introduction de la fiction US en prime time ne permet plus aux diffuseurs de rentabiliser les coûts de production de la fiction (qui eux, ont continué à augmenter) : l’équilibre n’est plus atteint surtout que l’ensemble du milieu souffre d’un manque de transparence global tant sur les budgets réels visibles à l’écran que sur l’ensemble des recettes récoltées sur les oeuvres.
    • Ne dégageant que peu de recettes de façon générale, les producteurs français ne veulent pas en plus les partager avec les ayants droit et rendent difficiles l’accès à leurs comptes de gestion volontairement.
      De même, afin de garantir leur marge également, ils masquent leurs apports réels à la production et l’argent concrètement mis à l’écran sur l’ensemble des productions, ce dont les diffuseurs sont totalement conscients. La demande à la baisse des budgets est à analyser dans ce sens : les diffuseurs en ont assez de payer des programmes chers dont ils ne récoltent que peu d’audience pour voir les marges de leurs fournisseurs continuer à progresser !
  • L’équation coûts-recette actuelle signe ainsi la mort à terme de cette production et explique les efforts monstrueux engagés par les diffuseurs pour :
    • diminuer les coûts : caser les obligations de productions (quotas) dans la scripted reality ; délocaliser en masse et réduire les formats chers comme le 90 minutes ou le 52 minutes en misant sur les formats courts et les soaps (fictions longues low cost).
    • augmenter les recettes (= les exportations essentiellement) : devenir coproducteur pour toucher un pourcentage des ventes à l’export sur des produits haut de gamme sous-traités à des savoir-faire étrangers (investissement sur des showrunners anglo-saxons) et délocalisation.
    • bloquer la circulation des oeuvres : comme les chaînes françaises financent à 80-90% la fiction audiovisuelle et qu’ils n’ont aujourd’hui en échange que des droits de diffusion, dès qu’elles le peuvent, elles bloquent les droits pour empêcher les programmes qu’elles considèrent à juste titre comme les leurs de se retrouver chez leurs concurrents.

Si l’on compare avec nos voisins anglais par exemple, la BBC à elle seule a investi près de 387 millions d’euros dans sa fiction originale en 2012, ce qui lui a rapporté uniquement à l’export près de 300 millions d’euros net sur plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé par sa filiale export, BBC worldwide. Cela veut dire que sa fiction est presque entièrement amortie par l’export alors que la chaîne est uniquement financée par la redevance.
Imaginez si TF1 pouvait avoir ce business model alors que la chaîne française capte toujours plus d’un tiers du marché publicitaire annuel. Arrêtons donc de blâmer les diffuseurs français du manque d’innovation de notre fiction : ils ne sont absolument pas rémunérés à la hauteur du risque industriel qu’ils prennent.

La ménagère regarde-t-elle des séries françaises ? NON

« On est pas là pour innover, on est là pour garder les vieux »

L’âge moyen du téléspectateur de fiction française est élevé :

  • sur France 3, on assume la « séniorisation » avec un âge moyen des téléspectateurs de 62 ans,
  • France 2 essaye désespéremment de rajeunir son audience qui a toujours 60 ans en moyenne (c’est d’ailleurs la chaîne qui a fait la plus grande dégringolade des audiences depuis l’introduction de la TNT, passant de 25% de pda à moins de 14%),
  • Sur Canal+ en 2013, seules les fictions françaises coproduites à l’international (c’est-à-dire écrites par des étrangers) parviennent à dépasser le million de téléspectateurs,
  • TF1 vise toujours large mais doit faire avec un coeur de cible vieillissant sur la fiction à 53 ans en moyenne,
  • M6, reste sous la barre des 50 ans avec une moyenne d’âge de téléspectateurs à 43 ans. La stratégie de programmer des formats courts en access et de réserver les primes à la fiction étrangère a payé. C’est d’ailleurs la seule chaîne qui n’a pas perdu de parts de marché depuis l’introduction de la TNT.

Dans TOUS les pays européens sauf la France, les 10 meilleures audiences de fiction correspondent à des fictions nationales. En France, depuis 2013, 5 des 10 meilleures audiences de fiction sont françaises : tout le PAF crie au relèvement national. Or si l’on regarde de plus près, on constate que sur les 5 titres cités, 2 sont des formats courts qui bénéficient du JT, et 2 sont des coproductions internationales qui ne sont pas écrites par des français. Seule une série française (Profilage) a donc une légitimité pour revendiquer un intérêt national en prime time. Doit-on y voir un renouveau ? Pas sûr…

Le PAF reste inchangé

« L’indice d’attractivité, calculé tous les trimestres par Hadopi, fait systématiquement ressortir une insatisfaction sur l’offre de séries et les films (français) »

Après avoir vainement cherché un renouveau quelque part, force est de constater que les variables clés du marché de la fiction française sont toujours les mêmes et ce, depuis plusieurs années :

  • La guerre des séries bouleverse le paysage de la télévision américaine mais pas le notre. L’analyse des grilles des chaînes majeures du PAF révèle une absence de concurrence sur les cases de fiction de première et deuxième partie de soirée,

  • Près des trois quarts de la production de fiction française reste centrée sur le prime-time,

  • Le volume de production n’augmente pas et l’offre de séries non plus :
    • le nombre moyen d’épisodes reste faible : il est situé entre 6 et 8 épisodes par saison,
    • la récurrence d’une saison par année n’est pas automatique : depuis 2009, seules quatre séries sur une petite vingtaine par an ont dépassé plus de 4 saisons,
    • le format de 52′ représente seulement un tiers de la production nationale (il représentait déjà 30% en 2008),
    • la production d’unitaire ou de série de 90′ pèse encore près de 20% de l’offre annuelle (elle est cependant en décroissance et était de 27% en 2008). La décroissance du format 90′ s’est faite au profit des formats courts,
  • Le développement des coproductions internationales et des formats courts restent les deux axes forts de la production de fiction française (cf. les deux grandes tendances de la rentrée précédente),
    • les formats courts représentent en 2013 près d’un quart de l’offre annuelle de fiction, empêchant le développement du 52 minutes pourtant plus exportable et recherché à l’international,
  • Comme depuis quelques années, les nouvelles chaînes de la TNT sont toujours en retrait dans la production de fiction inédite alors que leur économie est arrivée à maturité (elles ont capté plus du quart du marché publicitaire audiovisuel et n’ont investi que 8 M € dans la fiction pour produire essentiellement des formats courts),
  • TF1 et France TV représentent toujours près de 80% des investissements totaux en matière de fiction TV,
  • La France reste toujours en marge du marché des exportations de fictions, malgré une communication surabondante qui vante l’inverse :
    • en 2013, la France exporte seulement 26 M€ de fictions, soit l’équivalent d’à peine le budget d’une saison de Borgia quand le Royaume Uni et L’Allemagne exportent leurs productions pour plusieurs centaines de millions d’euros par an,
    • Le pourcentage dédié à la fiction dans les exportations de programmes audiovisuels est stable autour de 20% depuis 2003.
  • 70% du volume de fiction annuel est produit par une petite vingtaine de maisons de production, la tendance est toujours à la concentration du secteur,
  • M6 ne travaille qu’avec 5 sociétés de production : Lagardère, JLA, Endémol, Robin&Co et Europacorp,
  • Les mêmes Lagardère et Europacorp représentent un tiers des commandes de TF1 qui commande 85% de son volume à 10 sociétés de production,
  • Lagardère, Newen, Zodiak, Elephant & cie sont les principaux producteurs qui travaillent avec France 2,
  • Sur France 3, 50% des commandes de France 3 sont assurées par Telfrance (groupe Newen, PBLV) et 92% des heures sont produites par 9 groupes ou sociétés de production audiovisuelles dont Newen, Lagardère, Tetra media et JLA.
  • Les diffuseurs français apportent toujours en moyenne 75% des financements de la fiction française :
    • Sur la série Un village français (saison 4 en 12 x 52′), France 3 apporte près de 80% du devis, le producteur 7%,
    • Sur la série Doc Martin (saison 2 en 6 x 52′), TF1 apporte près de 81% du devis, le producteur 8%,
    • Sur la série Les revenants (saison 1 en 8 x 52′), Canal+ apporte 75% du devis, le producteur 7%.
  • La série Plus belle la vie est toujours le seul soap français et la seule à être écrite en flux tendu. La série représente à elle toute seule 109h de fiction annuelle, soit l’équivalent de :
    • l’offre annuelle de fiction de M6,
    • deux fois l’offre de Canal+ ou d’Arte,
    • 14% de l’offre annuelle globale de fiction française.
  • Les acteurs du marché font toujours l’autruche :

Alors non, je pense que le terme renouveau n’est clairement pas approprié pour qualifier notre marché audiovisuel de la fiction, tout au plus pouvons-nous parler de frémissements… Qu’en pensez-vous ?

4 comm. sur « Où est le renouveau des séries françaises? »

  1. benedicte portal écrit le 23 septembre 2014 à 10:57

    Bonne analyse… Cependant au sujet des unitaires, ils sont certes "inexportables" mais très utiles pour les scénaristes… En effet, contrairement aux séries, ils permettent à des auteurs inconnus de vendre des projets. Il y a très peu de séries qui sont développées en France et il ne faut pas se leurrer; si vous n'êtes pas un "nom", vous avez très peu de chance d'être le créateur d'une série diffusée. Quant aux ateliers, quand ils existent, ils sont difficiles à intégrer si l'on ne sort pas du CEEA, l'ENA des scénaristes… Bref, les unitaires (et il y en a des bons) ont leur utilité pour les scénaristes, je pense.

  2. Ecrit écrit le 23 septembre 2014 à 12:07

    Chère Bénédicte, c'est tout à fait juste. Mon propos se plaçait à un point de vue économique global. Je trouve personnellement dommage de se contenter de ce type de productions même si les unitaires font vivre une partie non négligeable d'acteurs du marché, et permettent aussi à de jeunes scénaristes de se faire un nom. Je pèche par ambition et souhaiterais que tous les scénaristes puissent proposer de belles séries… Rêvons un peu à un monde meilleur où cela serait possible.

  3. Etienne Desfretier écrit le 31 mai 2017 à 13:22

    Je ne suis pas professionnel, mais je remonte des films de cinéphile par plaisir, ce qui fait de moi le membre très modeste d’une infime minorité. Je suis d’accord avec votre constat d’ensemble, d’autant plus que je ne regarde plus du tout la télé française depuis qu’elle a commencé à donner des signes avancés de déclin (c’était vers 2009). Réfléchissons une minute à ce qui fait l’attractivité de la France pour les étrangers. Cela se résume à deux ou trois atouts : la gastronomie, la mode et le patrimoine. Autrefois il y avait en outre l’humour, désopilant (Tchernia) et vaudevillesque, en un mot ce qu’on a appeé l’Esprit français. La fiction française, c’est mon diagnostic ne peut se réinventer et retrouver une rentabilité qu’en faisant rire ou en faisant rêver. Regardez le succès d’OSS, d’accord c’est un film et pas 15 épisodes d’une heure mais voyez les audiences qu’il a fait : les gens aiment se marrer avec de l’humour absurde et gaguesque et jusqu’à présent , par paresse et peut être auss un peu par mépris, les séries lourdingues et vulgaires sont préférées. L’autre piste d’avenir pour la fiction est de nouveau de faire rêver. Nous avons eu jusque dans les années 90 des séries historiques qui excellaient à jouer sur l’imaginaire et le désir des gens de vivre des aventures romanesques dans des époques révolues donc dépaysantes. Les deux pistes de redressement, pas seulement pour concurrencer les étrangers mais pour faire réadhérer les Français à leurs fictions, est de retourner à ces esprits qui ont été délaissés : l’humour vraiment marrant d’un côté et le romanesque dépaysant de l’autre. Par comparaison, je ne regarde plus ce qui passe, je vous l’ai dit mais je me tiens au courant des nouveautés et je n’ai pas besoin de lire les quelques lignes de plot plus 2 à 3 minutes de teasers pour me faire une idée : par exemple dans les univers de passé, la seconde guerre mondiale les sempiternelles histoires de collabo-résistants, et les décennies 50 et 60 tournent autour des figures de référence toujours les mêmes , de De Gaulle à Brassens en passant par Piaf et Sartre, tout cela (Occuppation + Apres guerre) dépourvu des tripes et des respirations qu’on avait dans les séries et téléfilms d’autrefois sur ces sujets . Le fait est que ces fictions ne s’adressent qu’aux classes âgées et cultivées, les autres les plus jeunes , et c’est là que le passé romanesque peut revenir en force, aimeraient sans doute pouvoir s’identifier à des explorateurs, des découvreuses, des chevaliers et des aventurières (par préférence pour l’évolution je n’évoque pas les princesses), des univers sur lesquels vous savez aussi bien et sans doute mieux que moi que l’on peut bâtir de l’action, de l’épique, du fantastique, du policier (voir les antiques Vidocq et Brigades du Tigre) et même de l’humour désopilant. tout cela nécessitant bien sûr de faire une politique qui parte du postulat que le plaisir du spectateur et son besoin d’évasion ont été trop longtemps négligés au profit d’une approche politique et socialisante devenues lourdingues qui n’est plus en phase avec le pur besoin de rêver et qu’il faut donc revenir à cette richesse passée qui existe toujours à l’état latent ! pour renouer avec le succès (public, artistique et commercial).. Bien entendu le passé romanesque n’est pas la seule piste, il y a aussi l’humour et la représentation de la coopération familale et sociétale, Reste que ce sont des wagons qui ont été décrochés du train depuis 10 ans et que 20 ans nous séparent des fictions de la meilleure qualité, le matériau est donc toujours là et c’est le goût et le savoir faire de cet esprit-là qui sont à ranimer. Un peu comme les petites mains qui « font » les grandes robes, les artisans seraient une variable importante d’ajustement des coûts mas le jeu en vaut la chandelle ! A vous lire.

  4. Julie Salmon écrit le 2 juin 2017 à 21:09

    Merci Etienne d’avoir partagé votre analyse pertinente. La fiction française souffre d’un point de vue unique (les mêmes auteurs sur les sempiternelles mêmes thématiques) à quelques variations près… C’est dommage, il y a des talents, il y a des sujets, il y a de l’envie. Quelques exceptions font figure d’arbres qui cachent la forêt dont les journalistes nous survendent le niveau… Mais à bien y regarder, le constat est simple: il n’y a plus personne devant l’écran de moins de 50 ans qui regarde. Les décideurs sont donc indécis, soit renouveler l’offre et prendre le risque de perdre une clientèle, soit continuer et garder ses vieux, pas glamours mais stables. Malgré tout, bon gré mal gré, le niveau augmente comme l’inflation. C’est juste que les autres creusent l’écart avec souvent moins d’argent pour un niveau incomparable. Les antidotes sont identifiés: du sang frais, du high concept, des techniques d’écriture, une industrialisation de la production bref, une professionnalisation et une ambition internationale et surtout, de la prise de risque sur le contenu pour valoriser « un esprit français ». Wait & see…

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