Cycle réécriture (suite): apprenez à vous servir de la structure pour améliorer votre scénario

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Même si nous connaissons tous en théorie ce qu’il faut faire et ne pas faire quand on se met à l’écriture, il est parfois judicieux de reprendre dans l’ordre de difficulté les erreurs les plus communes.


Certaines erreurs sont rapidement évitables tandis que d’autres prennent parfois des années de travail pour être corrigées. Bref, voici la suite de notre précédent billet sur les erreurs de scénarios les plus fréquentes en scénario avec dans l’ordre de leur difficulté, cinq autres erreurs régulières commises parfois par les plus brillants d’entre nous.

  1. Mettre toujours du conflit dans toutes nos scènes : Toutes nos séquences, toutes nos scènes, tous nos dialogues doivent contenir du conflit pour pouvoir garder notre spectateur intéressé. Que ce soit un conflit mineur (un désaccord) ou majeur (une bagarre), nous devons absolument éviter les scènes où deux personnages discutent sans fin et où il ne se passe rien. Un scénario ne peut pas avoir de temps mort, car si nous le faisons, c’est comme si nous mettions un noir pendant quelques minutes en plein milieu d’un film. Vous pouvez varier les scènes de conflit pur en utilisant d’autres techniques comme créer un mystère ou mettre en scène le désir de votre protagoniste, mais il ne peut pas ne rien se passer.

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  2. Structurer le récit en fonction du genre cinématographique de référence de l’histoire : Pour être sûr d’avoir un récit équilibré où le spectateur a toujours l’information pertinente pour comprendre l’ensemble des enjeux que nous posons, il nous faut structurer en tenant compte du genre dans lequel nous évoluons aussi. Le genre nous permet de bien nous fixer sur un rythme adéquat tout en utilisant ses spécificités pour mieux structurer notre histoire. Le genre policier est par exemple un genre structurant par essence en ce qu’il nous oblige à poser nos différents éléments d’une certaine manière comme Cédric l’explique très bien dans ses vidéos dédiées. C’est pourquoi il est beaucoup utilisé pour raconter des histoires : toutes les histoires peuvent se raconter en utilisant les spécificités de ce genre, tout simplement parce que la tâche associée (l’enquête) est déjà déterminée à l’avance et très pratique pour faire avancer notre histoire. Mais il n’est pas le seul. Je pense à la comédie par exemple dont nous avons fait un cycle complet cette année. Ainsi, profitons mieux du genre que nous avons choisi pour améliorer nos structures.

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  3. Faire toujours avancer son récit et son protagoniste tout au long de l’histoire : Chaque scène de notre histoire doit nous servir à quelque chose et notamment à faire avancer le récit. Or pour avancer, notre protagoniste doit dépasser des obstacles, se battre contre un antagoniste, se faire sermonner par l’un de ses alliés ou ne pas être d’accord avec lui, décevoir sa femme, la tromper ou encore l’éviter ou lui cacher quelque chose, etc… Toutes ces actions ont bien sûr des conséquences conflictuelles, ce qui nous permet de rester éveillé, l’oeil et les oreilles alertes mais toutes ces actions doivent arriver dans un ordre logique et progressif. Par ailleurs, toutes les actions ne sont pas à mettre sur le même plan : aller dans un bar et parler à ses amis, ou encore aller au boulot le matin, ne sont pas des actions dramatiques. Une action en scénario est un mini-déclencheur à elle toute-seule, c’est-à-dire qu’elle provoque des conséquences et qu’elle fait avancer le récit. Toutes les actions de notre scénario, pour être pertinentes, devront donc nous servir à faire avancer notre histoire, si ce n’est pas le cas, mieux vaut s’abstenir.
  4. Rappeler les enjeux de l’histoire à tous les actes : Il arrive parfois qu’au bout d’un certain moment l’on soit perdu dans un scénario. On ne sait plus pourquoi le protagoniste est à tel ou tel endroit, ou ce qu’il vient chercher auprès de tel ou tel autre personnage. Bref, nous sommes perdus et nous devons lire et relire les passages précédents pour nous repérer. Ce n’est pas bon signe, puisque souvent, cette perte de vigilance s’associe à une perte d’intérêt de notre lecture. Or si nous perdons le fil de l’histoire c’est souvent parce que, soit le protagoniste n’a plus d’objectif concret, soit parce que les enjeux sont faibles. Or si nous ne savons pas ce que poursuit le protagoniste et pourquoi, c’est que cela n’a jamais été vraiment dit clairement. Il est donc de notre devoir de bien rappeler (en général à tous les cliffs) pourquoi notre personnage est aux abois et ce qu’il risque s’il n’accomplit pas son objectif.

    Pour être sûr d’établir une structure qui rappelle à tout moment l’objectif et les enjeux du personnage, cliquez ici pour apprendre la technique du Breakdown.

Bien évidemment, ces erreurs reprennent les règles de la dramaturgie (je n’invente rien) et ne sont pas exhaustives, néanmoins, elles peuvent fixer le cap d’une boussole à tenir dans le cadre d’une réécriture.
La structure étant par essence la difficulté majeure à vaincre pour écrire un scénario formidable, cette dernière salve implique parfois des années de travail pour éviter ces différents écueils.
N’hésitez pas à nous rapporter vos propres expériences de lecture ou de réécriture pour venir compléter cette seconde liste et les partager avec nous en attendant d’autres conseils.

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