Palmarès du festival de Cannes : la polémique

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Cannes, c’est fini ! Et comme tous les ans, on attendait du Jury un palmarès radical et provocateur. Erreur, cette année, le palmarès est à l’image du festival : décevant voire frauduleux !


Certes, certains films mis en lumière ont des qualités, mais clairement, Nanni Moretti s’est fait plaisir en récompensant sa vision du cinéma ou encore comme l’explique Henri Chapier, des films distribués par la société qui distribue ses propres films. Sur six films primés, quatre sont distribués et coproduits par la société qui produit aussi les films de Nani Moretti. « Ça la fout mal ! Qu’il y ait eu un prix, passe encore, mais quatre !… », Henry Chapier dit ne pas en vouloir à Gilles Jacob et Thierry Frémaux, les organisateurs, qui ne sont pas responsables, mais estime que de la part de Moretti ce n’est pas très sérieux. (article de Var Matin) Qu’en pensez-vous ? J’en profite pour laisser la base de ma première brève sur le sujet, mais cette information pourrait permettre de mieux comprendre le palmarès suivant… En donnant la Palme à Michael Haneke pour la seconde fois, c’est tout un cinéma à qui il rend hommage, mais un cinéma qui regarde en arrière, teinté de pessimisme et de peur de l’avenir. Cette année, on cherchait Fellini, et les grands noms qui ont fait l’histoire de Cannes, du coup, on récompense Haneke et Ken Loach, le quatrième âge, certes intéressant, mais qui n’a plus rien à prouver. La dichotomie entre les coups de coeur de la presse et du public et les choix du Jury est encore une fois énorme, mais si d’habitude le jury surprend par sa volonté de mettre en avant un certain cinéma, cette année, il a joué les bons élèves en ne prenant aucun risque. Est-ce la vocation de Cannes&nbsp?Pour rappel, le festival de Cannes a été créé pour mettre en lumière le cinéma français de la nouvelle vague. Or cette année, aucun français au palmarès ! On peut alors s’étonner car la sélection, certes petite, avait de quoi nous mettre en valeur, avec le film de Jacques Audiard, De rouille et d’os ou celui de Léos Carax Holy motors, plus clivant.
Voici en détail, un palmarès qui ne doit pas nous surprendre :

  1. Palme d’Or : Amour (Michael Haneke), le réalisateur de 70 ans a mis à l’honneur une histoire d’amour pessimiste qui signe le grand retour de Jean-Louis Trintignant (après 14 ans d’absence) et Emmanuelle Riva (85 ans) dans une histoire d’amour à la fin inéluctable.
  2. Grand Prix : Reality (Matteo Garrone). L’Italien avait eu le même prix en 2008 pour Gomorra. Reality raconte l’itinéraire déçu d’un candidat à un jeu de téléréalité, mais n’a pas convaincu contrairement à son précédent film.
  3. Mise en scène : Post tenebras lux (Carlos Reygadas). Un des nanars du festival selon la presse, un film raté qui n’aura probablement aucune carrière, d’où l’interrogation sur sa récompense concernant le mise en scène, que le réalisateur mexicain lui-même a tenté de justifier en célébrant le Jury en hommes et femmes libres, c’est-à-dire qui n’ont pas suivi la critique acerbe dont il a fait l’objet.
  4. Prix du jury : The angels’ share (Ken Loach), la seule comédie du palmarès. Ken Loach à 85 ans, est un habitué du festival et de ses récompenses. C’est son troisième prix du jury.
  5. Meilleur Acteur : Mads Mikkelsen (Jagten (The hunt)), un des rares prix qui a fait l’unanimité. L’acteur danois partage son prix avec son réalisateur, Thomas Vinterberg, qui a traité son sujet avec délicatesse et profondeur.
  6. Meilleures actrices : Cristina Flutur et Cosmina Stratan (Beyond the hills), première récompense attribuée au film roumain dont le scénario est largement inspiré d’un fait divers qui défraya la chronique en 2005 lorsqu’une jeune fille trouva la mort après une séance d’exorcisme dans un monastère perdu dans le nord-est de la Roumanie. Une belle performance saluée par la critique et première bonne surprise du palmarès.
  7. Scénario : Cristian Mungiu (Beyond the hills), deuxième prix pour le film roumain et pour cette histoire forte et originale mais y avait-il besoin de le souligner par un deuxième prix ?
  8. Camera d’Or : Beasts of the southern wild (Benh Zeitlin, U.S.A.), un premier film remarqué qui traduit aussi la présence américaine au festival. Benh Zeitlin a 29 ans et présentait à Cannes son premier long-métrage dans la section Un certain regard. Déjà couronné par le Grand Prix du jury lors du dernier Festival de Sundance, la presse américaine était dithyrambique. Le film raconte le salut d’une fillette noire de 6 ans, Hushpuppy, qui s’accroche aux fantômes de son père mourant et de sa mère disparue, tandis que, à la suite d’un dérèglement climatique, la fonte des glaces libère des aurochs en route vers le bayou submergé.

Le festival s’achève ainsi sur une note douce amère et est assez représentatif d’un cinéma mondial où la France joue un rôle mineur, puisqu’elle n’a raflé aucun prix. Espérons que l’année prochaine, Thierry Frémaux cherchera à mettre davantage en avant des films français ou encore mieux des films de femmes françaises pour décerner les sept récompenses à se partager sur la vingtaine de films en compétition. Dommage enfin que cette année, la bataille n’ait pas eu plus de challengers de qualité ou plus de challengers français tout simplement (nous jouons à domicile pour une fois et Cannes est le premier festival de cinéma mondial tant sur l’écho international avec plus de 200 journalistes mobilisés que sur l’enjeu de l’événement pour les professionnels de la distribution).
Pour finir, voici une petite sélection de films non récompensés salués par la critique : De rouille et d’os de Jacques Audiard, Mud de Jeff Nichols, On the road de Walter Salles, Lawless de John Hillcoat, Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Holy motors de Leos Carax, Cosmopolis de David Cronenberg, Dans la brume de Sergeï Loznitsa, Paper boy de Lee Daniels, Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais, In Another Country d’Hong Sang-soo, Killing them softly d’Andrew Dominik. P.S. Il est intéressant de noter que la sélection 2012 comptait 7 films américains (1/3 environ de la sélection) contre 3 films français. Je vous renvoie à l’excellent livre de Nolwenn Mingant, Hollywood à la conquête du monde : Marchés, stratégies, influences, qui montre comment le Festival de Cannes est utilisé comme une immense conférence de presse mondiale par les studios américains pour promouvoir leur culture, leur cinéma, et leur présence dans les salles de tous les autres pays sous leur domination culturelle. Bien évidemment, les films qu’ils envoient à Cannes sont sélectionnés avec soin. D’un côté, les grosses machines, ou films commerciaux présentés souvent hors compétition pour en assurer le lancement, de l’autre, des films d’art, avec des réalisateurs dédiés. Je ne résiste pas à vous en mettre un extrait savoureux : « les festivals de cinéma sont donc un élément à part entière de la stratégie de visibilité des majors. Auprès du public, ils participent à la construction d’une image de marque associée à la qualité et au prestige. Auprès des professionnels, cette visibilité est un gage de puissance. (…) Les critères de choix pour les films de festivals sont forts différents de ceux de la distribution commerciale en salles. Le premier critère est la présence d’un réalisateur reconnu pour son talent d’artiste et sa capacité à renouveler le cinéma hollywoodien. (…) Ces artistes font, en deuxième critère, des films « sérieux », ce qui a des conséquences en termes de genre, de budget, et de contenu culturel. Alors que la distribution commerciale est en général dominée par les films d’action et d’aventures, ce genre n’est absolument pas représenté dans les festivals. À l’inverse, les drames, sous-représentés en salles, correspondent à 60,8% des films présentés par les majors à Cannes entre 1966 et 2004. Viennent ensuite des comédies (27,5%), qui sont moins légères que grinçantes et satiriques (M.A.S.H., Las Vegas Parano, Ladykillers). Cet accent mis sur des genres moins « grand public » explique l’extrême rareté des films à gros budget. En 1995, alors que les films à gros budget sont compris entre 50 et 175 millions de dollars, Touchstone présente un film produit pour 18 millions de dollars (Ed Wood) et Miramax un film produit pour… 1,5 million de dollars (Kids). Genres et budgets démarquent ainsi largement les films de festivals de cinéma de la distribution en salles. (…) Si cette logique de choix est très éloignée de la logique commerciale, c’est parce que les majors recherchent dans les festivals un avantage bien spécifique : le prestige. Les festivals apportent aux majors une sorte de caution artistique, leur donnant la crédibilité qui manque à leur film grand public. (…) Le prestige apporté par les festivals a également des conséquences dans le domaine du symbolique. En montrant leur capacité à produire des films d’auteur, les majors font la preuve de la grande diversité de leur cinéma » (p67, pp148-149) À méditer. Qu’en pensez-vous ?

5 comm. sur « Palmarès du festival de Cannes : la polémique »

  1. Ph.Lafitte écrit le 28 mai 2012 à 17:27

    Rien vu de Cannes mais j'irai sûrement voir De Rouille et d'os (entre autres).

    Pour ajouter à ta bibliographie, Julie, que je découvre (et que je vais sûrement lire), il y a le livre de Frédéric Martel, "Mainstream", enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde" (Flammarion 2010 et récemment en Poche). Qui raconte la guerre globale des médias et de la culture en général, et de l'entertainment en particulier. Passionnant.

  2. Fabrice O. écrit le 28 mai 2012 à 17:33

    "Le festival s'achève ainsi sur une note douce amère et est assez représentatif d'un cinéma mondial où la France joue un rôle mineur, puisqu'elle n'a raflé aucun prix. Espérons que l'année prochaine, Thierry Frémaux cherchera à mettre davantage en avant des films français ou encore mieux des films de femmes françaises pour décerner les sept récompenses à se partager sur la vingtaine de films en compétition."

    Si les films français étaient favorisé à Cannes ne crierait-on pas au scandale du copinage ?! C'est un peu ce qui est en train de se passer non ?
    Audiard a-t-il besoin de recevoir une palme ? Je pense que son travail à l'aura nécessaire en France. Après c'est vrai que ça pourrait lui ouvrir des portes à l'étranger.

    Je ne crois pas qu'il faille attendre quelque chose de Cannes. Je crois plutôt qu'en France on devrait se sortir les doigts … Enfin j'écris ça … Plus justement ce serait bien que ceux qui tiennent la fiction française dans son état moribond aillent vendre de la lessive ou des chaussures ! Qu'on remette sur le devant de la scène les scénaristes et les conteurs d'histoires, et pas des mecs qui nous servent les mêmes soupes (qui oscillent entre un cinéma d'auteur sclérosé ou la comédie à deux balles) depuis trop longtemps.

    Certains décideurs nous ont tellement bassiné avec l'idée que le cinéma de l'imaginaire et populaire on en sait pas faire. Qu'il faut laisser ça aux américains. Le pire dans tout ça c'est que le public français fini par le penser plus ou moins. Plus justement entre une film de genre américains et le film de genre français il préférera le premier. Ce qui fait qu'un film comme Nid de guêpes se plante au Box office. Sauf que quand Bruce Willis voit ce film, il prend ce réal pour réaliser Hostage. L'exemple de Florent-Emilio Siri n'est qu'un cas parmi tant d'autre.
    Loin de moi l'idée de dire que tout les films de genre français sont bons. Je pense que l'on doit "ouvrir les vannes". Renouer avec un certain type d'écriture que n'ont jamais abandonné les américains. Produire différemment, former les producteurs à l'analyse de scénario.

  3. Ecrit écrit le 29 mai 2012 à 09:06

    @Phil : merci, je ne manquerai pas de l'ajouter à ma bibliothèque. Quant au livre de Nolwenn Mingant, je dois rendre à César, en l'occurence à Cédric la paternité de la découverte de cet ouvrage extrêmement bien documenté qui nous parle de la guerre que livrent depuis 50 ans les studios US dans l'industrie du cinéma (n'oublions pas que l'entertainment aux US est leur premier marché à l'export avant l'armement).

    @Fabrice : je me permets de ne pas vous suivre tout à fait sur votre analyse du festival de Cannes cher Fabrice car quand vous invitez quelqu'un chez vous, vous ne le regardez pas manger les bons plats que vous avez préparés tout seul ; vous vous servez aussi. C'est tout ce que je demande pour Cannes. La sélection doit faire la part belle au cinéma français (3 films sélectionnés cette année, c'était carrément honteux), au moins autant que la place donnée aux américains, et si elle peut récompenser quelques films français au passage, ce sera toujours ça de pris. Je ne demande pas forcément la palme d'or, et Jacques Audiard n'a pas besoin de Cannes pour attirer des spectateurs, il a néanmoins tout a fait sa place dans ce festival et aurait pu à mon humble avis, remporter au moins un prix. J'attendais Marion Cotillard par exemple, puisque le film roumain avait déjà le prix du scénario.
    Là où je vous rejoins tout à fait par contre, c'est quand vous évoquez le statut du film de genre français. Voici un exemple perso qui pourrait illustrer votre propos : un de nos amis auteurs-réalisateurs qui écrit d'excellents films de genre (je pense à toi Marco) et quand je dis excellents pour avoir eu la chance de lire quelques uns de ses projets, je ne mâche pas mes mots (pour moi c'est du niveau de Quentin Tarentino), s'est vu refuser l'aide sélective du CNC au LM au prétexte que son film était un film de genre précisément (les fiches de lecture du Jury louaient toutes l'inventivité et le style du projet). Alors quand il a appelé pour demander des explications, ne comprenant pas le CR du Jury qui ne critiquait pas le fond… On a fini par lui répondre du bout des lèvres que le CNC n'aidait pas le film de genre, c'est tout et c'est comme ça, quel qu'en soit la valeur, et ça c'est écrit nulle part…
    Mais restons constructifs, un jour ou l'autre, cet état de fait va changer, et il se pourrait que le cinéma français retrouve une place de choix au niveau mondial s'il continue à bien s'exporter et à aller chercher les américains sur leurs terrains (je pense à the Artist, Intouchables, etc.) Tout comme notre ami, Cédric et moi ne désarmons pas, et continuerons de proposer ce genre pour nos projets, même s'ils sont parfois beaucoup plus difficiles à monter mais à vaincre sans péril…

  4. Ph. Lafitte écrit le 29 mai 2012 à 13:20

    A propos de genres en France et pour pouvoir aussi échanger des infos, je recommande aux auteurs intéressés par les films de genre tous azimuts, le parcours d'un jeune réalisateur, déjà confirmé mais qui, à mon avis, risque "d'exploser" (dans le bon sens du terme) dans les années à venir: si vous ne le connaissez pas déjà, il s'agit d'Eric Valette, scénariste et réalisateur, dont la trajectoire s'inscrit assez dans ce renouveau possible d'un cinéma français qui ne torde pas forcément le nez sur "le genre" (en plus de polars, thrillers et film horrifique, français et US, il a été le réalisateur sur la deuxième partie de la saison 2 de Braquo, prenant le relais de Philippe Haïm; dernier film réalisé: La Proie, 2011). Pour info, je me permets de joindre (si ça marche) un lien vers une interview qui exprime assez bien son point de vue sur le "rpoblème" du genre en France mais aussi sa passion du cinéma. En cela il me semble qu'il peut intéresser tous ceux qui s'intéressent à "High concept", le site.

    http://cecile-desbrun.over-blog.com/article-interview-d-eric-valette-pour-la-proie-70066611.html

  5. Ph. Lafitte écrit le 31 mai 2012 à 20:04

    A y est! J'ai vu "De rouille et d'os", le dernier Audiard et je m'étonne un peu plus des critères de non choix qui ont prévalu à Cannes. Le film n'est quand même pas loin du sans fautes, bourré de trouvailles sans petre tape-à-l'oeil, et l'ambition de l'ensemble efface l'éventuel côté casse-gueule de l'histoire qui, comme la nouvelle originale d'ailleurs, n'est pas non plus un récit époustouflant mais surtout la mise en place subtile d'une belle relation humaine. La mise en scène est âpre, juste ce qu'il faut, la mise en images est plus que maîtrisée, ultra fluide, parfois à la limite de l'esthétisant mais on ne va pas se plaindre en comparaison de certains films où la direction de la photo semble être reléguée à la simple captation d'images (non je ne citerai personne). Indice de maîtrise symptomatique: la scène de l'accident déclencheur évite le choc sanguinolent attendu pour se traduire par une forme de trouble quasi poétique dans sa violence induite plus que surexposée. Les acteurs forment une troupe vraiment complémentaire où chacun tire son rôle à sa manière mais toujours vers le haut sans tirer la couverture à soi. Cerise sur le gâteau, le jeu tout en tension et en même temps étonnament sexy de Marion Cotillard pourrait presque me réconcilier avec Edith Piaf. Matthias Schoenaerts est animal comme un enfant blessé qui aurait trop vite grandi pour oublier un passé qu'on ne nous raconte pas mais qu'on imagine douloureux, sans mélo. La bande-son aussi est excellente, beaucoup plus subtile que ce qu'on a l'habitude d'entendre dans le filtre étouffé du "tout-venant" habituel (où il faut parfois tendre l'oreille pour comprendre ce qui se dit; défaut récurrent du son français que ne m'explique pas). Et je ne parle même pas des effets spéciaux qui permettent, par leur sophistication "vraiment" au service de l'histoire, de ne plus les chercher dès les premières minutes d'exposition de "l'accident". Seule parfois, il me semble, la narration tire légèrement en longueur, vers un rythme parfois un peu trop linéaire à mon goût, la fin un peu (trop?) ouverte, comme souvent chez Audiard…mais quand même, tout ça m'a semblé de très haut niveau et la question qui demeure me laisse perplexe : que ce film n'est pas été primé, ne serait-ce qu'une fois dans une catégorie majeure (prix de la mise en scène, par exemple?), laisse augurer que les critères n'étaient pas seulement cinématographiques. Mais c'est une autre histoire, déjà dépassée et dont seuls les acteurs "inside" connaissent les tenants et les aboutissants. Ce qui compte, et je m'en réjouis, c'est que le film semble bien parti pour une belle carrière populaire, et tout ce qui tire le populaire vers le haut est bon pour le reste, y compris (espérons-le) pour les prochaines séries TV. Sans compter qu'avec 5 ou 6 films ambitieux dans sa musette, Jacques Audiard est en train de construire une oeuvre à la fois cohérente et atypique (en regard du reste du PAF cinéma) qui ne manquera pas, j'imagine, de tirer vers le meilleur les ambitions du cinéma français, et je suis en accord avec le constat de Julie sur une vision plutôt vieillissante du cinéma à Cannes. Et cette vision, cet univers opiniâtre, sensible et rude à la fois, ça vaut peut-être beaucoup plus qu'une statuette sur un tapis rouge.

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