In media res (Prévisualiser gratuitement)

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Dans cette vidéo, vous apprendrez comment manier l’omission volontaire d’informations pour accrocher le spectateur in media res, dès les 1res secondes de votre récit.

L’omission volontaire d’informations

Bonjour chers lecteurs ! Cette semaine nous continuons notre cycle sur les séquences d’ouverture en abordant l’ouverture dite « in media res » (la technique des grands auteurs qui permet d’intriguer en piquant la curiosité).

Pour écrire in media res et réussir une accroche par omission volontaire, nous avons appris que :

  • Dans le cadre de la fonction impressive du langage (voir les vidéos précédentes), il est possible de projeter le spectateur au beau milieu d’une scène, à charge pour lui de rattraper son retard (en latin in media res signifie littéralement « au milieu des choses »).
  • Le principe de cette technique est aussi simple qu’efficace : au début du récit, l’envie de comprendre est telle qu’en cas d’omission d’informations référentielles, les sens du spectateur sont hyper stimulés. Son attention est maximale.
  • Hollywood prête à Billy Wilder la théorisation de cette technique après qu’il ait jeté la première bobine de son film Boulevard du crépuscule suite à une projection test catastrophique en 1950. Dès lors, il appliqua systématiquement cette technique dans ses scénarios ;
  • Néanmoins la méthode est beaucoup plus ancienne. Dans Le mariage de Figaro par exemple, Beaumarchais nous fait aussi découvrir Figaro et Suzanne in media res : lorsque le rideau se lève, les personnages occupent un lieu qu’on a peine à identifier ; ils se tournent le dos et vaquent à leurs occupations sans se préoccuper de nous. Nous sommes otages d’une situation que nous cherchons à comprendre, et de ce fait, intéressés grandement par ce qui se passe sous nos yeux ;
  • Dans son film culte Délivrance (1972), John Boorman pousse la technique d’omission à son paroxysme en plongeant le spectateur au milieu d’une conversation dont nous ne voyons même pas les personnages (c.-à-d. en son « off »), et ce dès le logo d’ouverture ! Il fallait oser !
  • Une variante de l’ouverture in media res consiste à choisir un personnage relais de curiosité. Ce personnage posera précisément les questions qui taraudent le spectateur suite à l’omission volontaire d’informations dans la scène d’ouverture. L’identification du spectateur à ce personnage sera alors totale (puisqu’ils attendent tous deux les mêmes réponses).

Si comme moi les ouvertures in media res sont vos préférées, n’hésitez pas à partager celles qui vous ont le plus marquées dans les commentaires (ou à me suggérer d’autres exemples à analyser). Dans la prochaine vidéo nous verrons que la toute première image de votre scénario définit l’exorde, un contrat d’auteur signé avec le spectateur qu’il vous faudra honorer ensuite ! Merci de m’avoir suivi et à bientôt ! :o)

Cédric Salmon

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