Devenez un scénariste qui vend ses scénarios en évitant 5 erreurs de débutant

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Tous les jeunes créateurs de fiction le savent : la rentrée est parfois un moment difficile à gérer. En effet, comment communiquer efficacement sur ses projets ? Si vous vous posez ces questions, c’est que vous avez déjà fait vos premiers pas freelance : doté d’un ordinateur, d’un compte pro sur un réseau social, de quelques bons contacts, éventuellement d’un site internet perso et bien évidemment d’une dizaine de projets à pitcher, vous avez envie d’un accélérateur de carrière pour vendre ces projets.

  1. Ne pas attendre d’avoir un projet parfait pour pitcher
  2. Être auteur, c’est quelque part faire un saut dans le vide. Certes, il est important d’avoir de bonnes bases en dramaturgie et c’est ce que Cédric et moi enseignons sur ce blog, mais une fois acquises, ces bases doivent vous servir avant tout à vous exprimer. N’attendez pas ainsi pour pitcher vos histoires. Même si elles ne sont pas parfaites et même si vous n’en connaissez pas encore toutes les subtilités, la meilleure façon d’apprendre est bien de se jeter à l’eau et d’attendre en direct, une réaction, qu’elle soit positive ou négative. Si vous êtes dans cette attitude, vous serez déjà bien au-dessus de la moyenne des jeunes auteurs qui ruminent parfois leurs histoires pendant des années avant de pouvoir les pitcher sereinement. Vous apprendrez ainsi dix fois plus vite que les autres ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans vos projets. Ne négligez pas ces premiers feed-backs ; ce sont eux qui vous permettront de corriger rapidement vos plus grosses erreurs.J’ai moi-même bien transpiré pendant certaines réunions il y a quelques années et certains de mes pitchs me font rougir aujourd’hui, cependant, c’est parce que j’ai pris le risque du ridicule que j’ai pu construire certaines de mes relations professionnelles actuelles et que j’ai développé plus de confiance en moi.

  3. Se créer un storytelling naturel
  4. Être auteur, c’est accepter de faire un métier difficile pour atteindre un rêve. Sans chômage, sans filet de sécurité, vous aurez de nombreux adversaires dans votre propre camp dès que vous parlerez de vos envies de vous mettre à votre compte. Que va-t-il aller faire dans cette galère ? Certains vous diront qu’il est trop tard à votre âge, que vous avez besoin d’un vrai travail pour faire vivre votre famille, d’autres commenteront sarcastiquement vos efforts de communication (votre site Internet ne sera jamais assez pro), de bons amis vous appelleront à 11h du matin en vous demandant s’ils vous réveillent… C’est aussi là que vous pourrez tester vos motivations à vous jeter dans le grand bain : être un auteur (par essence freelance) ne veut pas dire être sans emploi. Servez-vous plutôt de toutes ces résistances de votre premier cercle pour tester votre storytelling. Tout auteur a besoin de se construire une petite histoire pour raconter son CV de manière naturelle : elle est différente en fonction de votre parcours et de vos objectifs, mais elle sert à rendre évidente votre vocation et à éliminer tous les doutes dans la tête de vos interlocuteurs. Bref, vous étiez fait dès le départ pour faire ce métier. Ce discours sur vous-même se travaille comme un pitch de projet et avec les mêmes techniques, sauf que cette fois-ci, vous êtes le protagoniste.

  5. Ne pas avoir peur d’être rejeté

  6. Être auteur, c’est prendre le risque de déplaire. Être rejeté fait donc partie du parcours de tous les auteurs. Il est donc normal de se voir refuser beaucoup de projets, surtout au début et même par la suite. Au bout de quelques années de pratique vous apprendrez d’ailleurs à apprécier les rejets polis (ne correspond pas à notre ligne éditoriale mais continuez à venir pitcher), qui laissent la porte ouverte à une future collaboration, car le rejet fait partie intégrante de la vie d’un auteur. Certes, ceux qui n’essayent pas, ne sont pas rejetés, mais ils manquent une partie importante du process. Certains rejets sont de véritables cadeaux : ils vous donnent de véritables pistes de réécriture, vous permettent de vous faire de nouvelles connaissances et vous donnent ainsi une meilleure confiance en vous.Le rejet a donc du bon ! Répétez après moi plusieurs fois par jour : « je n’ai pas peur d’être rejeté, tous les plus grands auteurs se sont faits un jour rejetés, le rejet n’a rien à voir avec mon niveau d’auteur ».

    • Petite astuce pour faire du rejet votre meilleur ami : suivez l’exemple de Stephen King qui épinglait sur le mur de son bureau ses lettres de rejet : vous pourrez ainsi voir concrètement le chemin parcouru en vous réservant une partie pour épingler les projets que vous aurez vendus. Petit à petit, les deux parties du mur seront ainsi équilibrées et vous prendrez confiance.
    • Cliquez ici pour entrer dans le salon des refusés et découvrir Un flic en prison, un exemple de bible de série TV non développée et pourtant de grande qualité.

  7. Apprendre à maîtriser son temps

  8. Être auteur, c’est gérer son temps. Tout le monde n’est pas capable de quitter son job du jour au lendemain sans avoir un minimum couvert ses arrières mais tous ceux qui veulent un jour être auteur doivent savoir prioriser leur temps. Ne remettez pas ainsi votre travail d’auteur sans cesse au lendemain en vous disant  : « j’écrirai la fin quand j’aurai assez développé mes personnages, quand j’aurai une longue plage horaire devant moi, etc. » Certains auteurs ont d’autres jobs, des enfants ou travaillent pendant leurs vacances. C’est vous qui fixez le cap : levez-vous plus tôt, couchez-vous plus tard, écrivez pendant le déjeuner ou à tous les moments que vous pourrez trouver mais ne perdez pas de vue qu’écrire prend du temps et c’est à vous d’en trouver un minimum tous les jours. De même, lorsque vous pitchez, c’est vous qui maîtrisez votre temps. Ne vous lancez pas dans un long monologue, prenez des temps de respiration et ramassez votre pitch sur les articulations logiques de votre histoire. Votre temps est aussi précieux que celui de vos interlocuteurs, ne vous éternisez donc pas en rendez-vous si vous sentez que votre interlocuteur n’est pas décidé. De même, passez au pitch suivant sans argumenter si votre première histoire ne convainc pas, etc. Vous êtes le maître du temps, ne vous laissez jamais déborder et fixez vous-même au maximum les délais que vous pouvez tenir pour réécrire ou proposer de nouveaux projets.

  9. Ne pas réinventer la roue

  10. Être auteur, c’est se servir de structures et intrigues préexistantes dans un univers personnel. Quand on maîtrise la dramaturgie et qu’on sait écrire vite, c’est qu’on se sert de structures éprouvées dans le genre qu’on s’est choisi. Il suffit d’ailleurs de lire d’autres auteurs pour s’en convaincre. Si vous aimez la SF par exemple, vous devez pouvoir vous servir des codes du genre pour poser rapidement votre structure. Rien ne vous sert de repartir de zéro car un nombre considérable d’auteurs s’y est collé avant vous et a balayé l’ensemble des histoires possibles. Rappelez-vous qu’il n’existe que trente-six situations dramatiques et que plus vous les maîtriserez tout en vous servant de votre genre cinématographique pour structurer, plus vous serez efficace et original.

Bien évidemment, ces cinq conseils ne sont pas exhaustifs mais ils ont le mérite de poser les priorités à un moment où tous les auteurs ont besoin de confiance en eux pour aller pitcher leurs projets. L’écriture est un art et comme tous les arts, elle s’apprend, elle se pratique, elle capitalise sur l’expérience. Les auteurs sont les experts de leur art : plus vous apprendrez des techniques efficaces, plus vous maîtriserez la dramaturgie, plus vous serez à l’aise pour aller défendre votre travail même si vous ne convainquez pas sur le moment. N’hésitez pas à partager avec nous vos meilleures façons d’appréhender la rentrée, en espérant que ces quelques conseils vous auront permis de la subir sans trop d’appréhensions.

Un commentaire sur « Devenez un scénariste qui vend ses scénarios en évitant 5 erreurs de débutant »

  1. Natacha écrit le 4 septembre 2012 à 16:24

    "Bref, vous étiez fait dès le départ pour faire ce métier. Ce discours sur vous-même se travaille comme un pitch de projet et avec les mêmes techniques, sauf que cette fois-ci, vous êtes le protagoniste."

    J'adore^^

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